Anges

ANGES

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Tu me décrochais un sourire

Depuis le fond blanc de tes yeux bleus

De mes larmes s’effondra un rire

Lorsque vaincu par ton charme, j’atteignis les cieux

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Au firmament s’envolèrent des anges

Surpris par l’allégresse de tes caresses.

J’en titubais de manière étrange

En effleurant le septième ciel de sa promesse

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Flottait dans l’air l’odeur de ton parfum

Ravageant le reste de mon innocence

Aux désirs violemment libertins

Ornés de bien futiles conséquences

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Toute la tendresse du sortilège

Doté de ses habiles pouvoirs

Effaça la détresse d’un sacrilège

Vers de subtils espoirs

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Alors seulement la nuit en s’enfuyant

Renversa de sa tendre couverture étoilée

Vers un plaisir brulant et scintillant

Nos âmes impudiquement égarées

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Yann Pbd_oct2019_©

Sommeil

Souvenirs

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Un long sommeil m’enveloppe

À l’orée d’une belle échoppe

Une pagaille de souvenirs

M’assaille de loyaux sourires

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Les franges du mystère m’éclairent

D’une lumière bien étrangère

Puisqu’une soudaine cécité

Embrase mon cœur de clarté

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J’aperçois toute la splendeur

Ciselée par le sculpteur

Sa sève sillonne mes boyaux

Qui s’achèvent en simples copeaux

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Les fragments choisis d’une vie

Récitent mon nom à l’envie

Aux dignes joyaux d’infortune

Récoltés à l’ombre des lunes

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Y@nn Pbd_sept18_©

Vautour

Vautour

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Il était une fois de troublantes sensations

Évoquant l’histoire de vibrantes émotions

Saveurs de fleurs écloses un jour du printemps

Déracinées au cours de l’automne suivant

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Un capital de pétales en héritage

Lentement se fanent au ras d’un marécage

Ruminant des éléments à leurs tourments

Phénomène saluant leur désagrément

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L’anesthésie au coeur d’un hiver glacial

Assassine l’honorable relation tribale

Convenue à l’aube consciente des premiers jours

En méprisant la rime logique d’un toujours

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S’effacent dans l’oubli des souvenirs chéris

Évaporant dans les limbes de leurs esprits

La cuisante mélancolie de mon amour

Planant désormais sur elles comme un vautour

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Y@nn Pbd_oct2018… à mes filles.

Diable Vauvert

 Diable Vauvert

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Ce jour ou les vestiges d’une magie m’étourdirent

Au matin resplendissant d’un sombre avenir

Seule la nuit se tut, d’un cri suprême et splendide

Calfeutrant son écho sous mon âme translucide

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Avec des couleurs révoltantes de vérité

Plana le soupir d’arôme volé au café

La symphonie d’une balade aux faux airs sincères

Rajouta de l’héroïsme à l’imaginaire

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Le velours d’une caresse vint m’effleurer l’esprit

Donnant son arrière-goût aux fantasmes de la vie

Des fantaisies vindicatives de mon bonheur

Jalouses d’un bouquet d’épines flattant mes douleurs

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Devant l’éternité promise d’un cimetière

Aux sources du temps s’évapore l’éphémère rivière

Abreuvant les perceptions de mon existence

De pensées somnambules comme preuve de ma naissance

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Ô lumière divine prend date des rêves endormis

Où justifie le sommeil des morts en sursis

S’évadant si secrètement aux astres levants

Rejoindre Morphée venu prêter d’étranges serments

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Légendes vivantes enfermées à l’ombre du repos

Suggérant d’innocentes bravoures dignes d’un héros

L’oeil percé par les déceptions d’un lendemain

Aux accents d’hier fredonnant les mêmes refrains

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Vif éclair d’où jaillissent des lueurs de l’ailleurs

Aux hameçons d’illusions harponnant le cœur

Sous l’hypnose du charme cruel des heures de l’éveil

Disparaissent mes songes refroidis par le soleil

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Laissant la réalité m’ancrer les pieds sur terre

Je m’écris un chemin à l’encre des vieux mystères

Piochant une lecture au hasard de l’aventure

Je simule une fable en souvenir du futur

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S’incarne en toi l’intime désir de me connaître

Toi l’habitant du réel qui semble me voir naître

En exauçant les vœux d’un destin onirique

À chaque minute de ces longues secondes fatidiques

Une lubie dans ma tête s’enivre d’un ciel en fête

Qu’un miracle célèbre en bénissant de conquête

Une pluie d’instants me garde les yeux bien grand ouverts

Vivre la prière d’un rêve menant au diable Vauvert

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Y@nn Pbd_Dec ´ 2018_©

Soupirs

Soupirs

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Se tenir par la main

Pour nous soutenir

Aller bien plus loin

Que le pont des soupirs

Et entendre ton cœur

Me dire des mots doux

Au rythme du bonheur

En t’embrassant partout.

Plus rien n’existera

Sauf un sixième sens

Et le goût de toi

Aux émotions intenses

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Yann Pbd-©

Andromaque

Andromaque

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C’était un jour si semblable aux autres

Avec ses couleurs bien matinales

Son odeur de fièvre sentimentale

Et son air insulaire qu’est la nôtre

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Enlacé au rivage de nos yeux

Flottait au ciel une nuit océan

Le refuge idyllique des amants

Quand s’embrase l’âme des corps langoureux

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Toute la possibilité d’une île

S’unissait d’efforts paradisiaques

Aux excitantes versions d’Andromaque

Pour jouir de ta tendresse volubile

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Cerné d’écume blanche et rugissante

L’horizon d’un vaste flot émeraude

Souleva l’ombre angoissante d’une fraude

Sitôt franchit l’isthme de l’aube naissante

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Sous la braise de mots incandescents

Surgirent tant d’émotions en fusion

L’impudeur de courtes exclamations

Aussi innocente que le beau temps

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Alors l’éternité nous figea

Dans l’espace invisible de l’instant

Pour toujours et à jamais fuyant

Vers des plaisirs nés dans l’au-delà

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Y@nnPbd_fev19_©

Pagaille

Pagaille

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Ô lumière de l’ombre, éveille les jours de ma vie

Clarté divine de la nuit, éclaire de magie

Toutes mes insomnies avec cet éclat d’antan

Où l’avenir dessinait des sourires brillants

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Sur des visages, tous clairsemés d’insouciance

Que déjà, naissait l’insolence de la confiance

En des jours tout aussi délicieux qu’éternels

À l’âge canonique des rêves toujours immortels

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Des joyaux d’instants, tous plus épanouissants

Que les fourberies semées dans cette vie d’avant

Des niaiseries accumulées de moqueries

Joies en peine perfide, déjà tombées dans l’oubli

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Reste des souvenirs en pagaille vraiment sincères

Quand s’émerveille une anecdote sans commentaire

Où s’installe en silence un plaisir en souffrance

Aussi intense qu’une nuit blanche sombre comme ta chance

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Y@nnPbd_dec2019_©

Hamac

HAMAC

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Avec mes vers en dévers

Je mène une guerre

Je plante un drapeau sur chaque mot

Seul comme un héros

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Puisque des maux me donnent ces armes

Rappelle-toi de mes larmes

Amère et solitaire comme celle d’un marin fier

Plongé dans l’océan de ses misères

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En signe de soumission

J’inscrirais mon nom

Sur la longue liste de salauds

Qui hurle dans ton dos

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L’injustice sentimentale

Gravé par tes initiales

Dont l’absurdité d’une rancune

Néglige d’humeurs taciturnes

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Seul contre une adversité sans trêve

Je me relève au loin dans mes rêves

Du défi sanglant d’un temps assassin

Impitoyable souverain de nos destins

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Tuant chaque seconde

L’idée d’un autre monde

Sur lequel j’écris ma revanche

À l’aide de cette craie blanche

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Plane à la surface de mon âme

Le parfum d’une seule femme

En fièvre de tendresse

D’une forêt de promesses

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Au diable les vieilles jalousies

Le drame des autres vies

De ces années gaspillées

La vindicte populaire est passée

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Voguons vers notre étoile

Ensemble, bordons les voiles !

Cap sur l’île aux flots paradisiaque

Où nous attend le bercement d’un hamac

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Yann Pbd_nov2018_©