Couleurs rebelles

Couleurs rebelles

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S’imprimait sur sa peau l’empreinte fanée d’une rose

Au délicat parfum bleuté des choses qu’on ose

Le soir venu sous des draps satinés de noir

Au reflet argenté d’un tendre et bel espoir

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Scintille alors le palpitant de sa merveille

Que jalouse de toute sa splendeur le doux soleil

Poussant ses rayons au firmament de la terre

Dans une si joyeuse et douce odeur de prière

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Elle dit, innocemment, mais d’un tourment puissant

Cueille le vrai bonheur de la vie quand vient le temps

Des secondes tristes aussi cruelles qu’éternelles

Ou pleure de joie les tendresses aux couleurs rebelles

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Elles sont les gardiennes de tes fameux souvenirs

Parfumés aux arômes, flambant de tes fous rires

Elles te feront sourire tous les jours repeints de gris

Avec des flagrances teintées de roses endormies

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Yann Pbd_juin2020–©

Confettis

Confettis

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De mes douleurs j’écrivais de toutes les couleurs

Avec la plume d’un scalpel tranchante comme l’horreur

J’éclaboussais des pages blanches d’un sang aux encres noires

En souvenir du naufrage de tous mes espoirs

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De brèves formules entendues le cœur sur la main

Arrosaient du meilleur vin ma soif de destin

Enivrées de bontés aux saines paroles altruistes

Me révélant le vieux secret des alchimistes

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L’intention bienveillante d’une pensée aux mots roses

Barrait chemin à la sinistrose des moroses

En offrant des sourires à la place d’un soupir

Enchanté d’entendre le plaisir vital de rire

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La mélodie murmurait hordes de confettis

Aux immenses cavités d’oreilles engourdies

Où se coincent les insanités du quotidien

En consacrant la malveillance de gens si bien

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Lumineuse cascade pulvérisant les maudits

Sitôt engloutis les mots dits d’un air surpris

Quand tourbillonne le bleu vif avec l’orange

Au soleil de minuit plongeant pile dans l’étrange

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Y@nn Pbd_ fev19_©_🌹

Vautour

Vautour

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Il était une fois de troublantes sensations

Évoquant l’histoire de vibrantes émotions

Saveurs de fleurs écloses un jour du printemps

Déracinées au cours de l’automne suivant

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Un capital de pétales en héritage

Lentement se fanent au ras d’un marécage

Ruminant des éléments à leurs tourments

Phénomène saluant leur désagrément

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L’anesthésie au coeur d’un hiver glacial

Assassine l’honorable relation tribale

Convenue à l’aube consciente des premiers jours

En méprisant la rime logique d’un toujours

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S’effacent dans l’oubli des souvenirs chéris

Évaporant dans les limbes de leurs esprits

La cuisante mélancolie de mon amour

Planant désormais sur elles comme un vautour

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Y@nn Pbd_oct2018… à mes filles.

Anges

ANGES

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Tu me décrochais un sourire

Depuis le fond blanc de tes yeux bleus

De mes larmes s’effondra un rire

Lorsque vaincu par ton charme, j’atteignis les cieux

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Au firmament s’envolèrent des anges

Surpris par l’allégresse de tes caresses.

J’en titubais de manière étrange

En effleurant le septième ciel de sa promesse

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Flottait dans l’air l’odeur de ton parfum

Ravageant le reste de mon innocence

Aux désirs violemment libertins

Ornés de bien futiles conséquences

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Toute la tendresse du sortilège

Doté de ses habiles pouvoirs

Effaça la détresse d’un sacrilège

Vers de subtils espoirs

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Alors seulement la nuit en s’enfuyant

Renversa de sa tendre couverture étoilée

Vers un plaisir brulant et scintillant

Nos âmes impudiquement égarées

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Yann Pbd_oct2019_©

Trahison

Trahison

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Je lutte, vainement, je sais

Résistant à ce que tu es

L’insolent désir inassouvi

D’une intime courtoisie

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Les mensonges de mon esprit

Raconte mille et une lubies

À mon cœur, pétri de douleur

Et cette fournaise, quelle chaleur !

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C’est toutes les flammes de l’enfer

Qu’embrasent ainsi ma chair

Lorsque ton parfum t’annonce

Voici l’alibi auquel je renonce

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Paralysé par l’audacieuse relation

Intolérante à la moindre trahison

Ton nom souffre assez d’écorchures

Pour que s’y installe mon écriture.

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Y@nn Pbd- dec2017-©

Poseidon

Poseidon

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J’emprunte à la mer son océan de mystères

Des arômes d’aventures parfumés à la dure

Promettant à chaque escale de nouveaux horaires

Maquillant la nature d’une ponctuelle verdure

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L’intuition timide d’une boussole me sert de guide

Pour traversé d’une brasse la saison des tourments

Qu’une mousson torride rejette loin de l’Atlantide

Sur une terre aux sentiments dépourvue d’argent

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De l’or brille pourtant dans les yeux des gens heureux

Comme dans le cœur d’artistes dévoués au bonheur

Sifflotant dans l’air du temps l’hymne des amoureux

Où seule triomphe la ferveur d’incroyables douceurs

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D’une forêt d’émeraude s’évade l’ombre de mes fraudes

Des trésors de pacotilles comparées aux filles

Remontant aux sources de mes tentations ribaudes

En fragrances sucrées de vanille ou de myrtille

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La liqueur aphrodisiaque aux délires maniaques

Souffle en contrebande le jeu des corps langoureux

D’une ile paradisiaque aux nectars démoniaques

Brûle le feu des passions se conjuguant à deux

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Un poison aux goûts de miel renverse ma raison

Suggérant aux mœurs en liesse d’un jour de kermesse

Les sensations acquises aux fièvres d’une religion

Confessant le temps d’une messe des frissons aux fesses

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Le désir volubile enlacé de plaisir

Approuve l’armistice de nos étreintes pacifiques

Aux frontières d’un avenir envieux des soupirs

Admirant la piste aux étoiles de l’atlantique

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Une sirène en peine entravée de ses lourdes chaînes

Noie sa nostalgie créole dans un fond d’alcool

Suffisant pour enivrer les veines d’une baleine

Dont les refrains frivoles invoquent une farandole

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En plein naufrage j’éprouve les charmes de son visage

Quand m’éclaboussent les affections de la passion

Confirmant le vieil adage de mon esclavage

Avec Poseidon, chef d’orchestre de ses dons

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De fines flèches me transpercent au crépuscule d’une brèche

Béante et gourmande du récit des vagabonds

Torturés d’histoires revêches aux encres en panne sèche

Plagiant sur l’amour sa brave imagination

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Y@nn Pbd_nov2018-©

Sarabande

Sarabande

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Une étrange nuit de sarabande

Où les sentiments virevoltent

Des émotions en contrebande

Nous foudroient de cent mille volts

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Enlacé de lumière magique

Une complice intrépide s’invite

Semant dans nos cœurs la panique

De franchir trop vite les limites

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Tourbillonne l’impatiente traîtrise

Ou succombent les charmes sublimes

D’un corps à corps d’âmes surprises

Rituel émoi d’anonymes

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La fièvre d’une musique nous habite

D’un soyeux contact électrique

Les sens à fleur de peau suscitent

Une débauche des plus fanatiques

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Y@nn Pbd_oct2018_©🤟

Cupidon

Cupidon

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Les courbes de son corps sculptaient un abime divin

Où sillonnait l’encre nerveuse d’une histoire sans fin

Des promesses récitées au secret d’une caresse

Aussi savante que l’arrondi fou de ses fesses

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Glissant de la tête au pied, j’effleurais sa peau

Des foudres électrisantes frissonnaient en drapeau

Sur les rives ensablées d’une plage abandonnée

Au regard des curieux et de gens peu pressés

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Enfin, je le rencontrais mon sublime destin

Avec toute la tendresse étendue de sa main

Se touchait l’essence inflammable de nos âmes nues

Aussi tumultueuses que des rivières en crue

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Sous les flots vagabonds d’une lame plus furibonde

Se déversaient de joie l’amnésie du vieux monde

Dans un endroit au parfum vierge de tout repos

Plus mystérieux que l’allée dorée des tombeaux

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Là où brille le flambeau céleste du feu sacré

S’éternisait un rire funeste d’ange égaré

Déchu de l’honneur tyrannique de ses pulsions

Une fois admis le vertige de son illusion

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Alors s’évanouit la nuit dans nos esprits

Avec Cupidon en maitre de cérémonie

Et nous jouions, jouions la grande parade nocturne

Jusqu’à illuminer tous ces dieux taciturnes

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Ensuite arriva le silence des jours tranquilles

Entendues au matin d’un rêve encore fébrile

Si bien engourdi dans une mémoire pernicieuse

Dont l’érotisme confessait des fièvres nébuleuses

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y@nPbd_mars19_©️

Paresse

Paresse

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Me prélassant au doux bercement d’un hamac

À la vitesse ou des instants tragiques trépassent

Pour d’indolentes secondes éparpillées en vrac

Trébuchant sur l’audace d’une insolente menace

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Tuer la frénésie du temps en le figeant

D’un hommage solennel glorifiant l’éternel

Coupable d’un délit pareillement affligeant

L’inépuisable gaspillage de ressources mortelles

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Des charniers dégueulant d’innombrables volontaires

Accusant le moindre répit emprunté au jour

D’une vicieuse infamie causant leur triste misère

Par une offense oisive faite au compte à rebours

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L’ignorance de l’incessante pluie incandescente

Pullulant froidement d’outrageuses peines en fleurs

Abrite le refuge vital d’une prudente détente

Nécessaires aux mémorables chaleurs du bonheur

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Courageuse paresse émancipant ma paroisse

D’un climat empoisonné d’abominations

Propices aux affres maléfiques d’une terrifiante poisse

Exilant la joie vers des lieux de perdition

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Le germe fertile d’une imagination gracile

Puise aux racines de l’ennui son inspiration

En l’arrosant de souveraineté docile

Planent mes reproches au-dessus de vos soupçons

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L’empressement ruine l’excitation galopante

Surgissant d’un néant improvisant l’éloge

De l’effet bénéfique d’une longue sieste reposante

Au tic tac rythmant la jalousie d’une horloge

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Y@nn Pbd_oct2018_©️

Rêves

Rêves

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Bruyants silences confinant à la surdité

Une saison s’impatiente de venir t’embrasser

Au bout du long fleuve des voyageurs somnambules

S’étendait une mystérieuse vogue de funambules

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Précédant le temps bien charitable de la chair

Dépourvue de soleil et de terre nourricière

Veillaient les nuits blanches au secret d’une antichambre

Là, s’écrivait un livre aux délices de gingembre

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Ferme les yeux un instant, retrouve ces doux murmures

Fredonne les joies hurlantes enfouies dans ta nature

Du fond des ténèbres s’entendent ces cris légendaires

Écartelant le souffle de ton imaginaire

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Accorde à ton âme l’escale si cruciale d’une fête

Allonge-toi en pleine rancoeur d’une fameuse tempête

Contemple l’horizon se vider d’une aimable trêve

L’essentiel s’exauce bien avant la fin d’un rêve

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Yann Pbd_sept18_©️