Baiser

Baiser

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L’odeur s’évaporait de sa peau

M’invitant à humer la transparence

De son anatomie d’un matin chaud

Elle savait, me faire perdre les sens

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Sans autre raison de me guider

À travers elle, en me fourvoyant

Refermant le piège sur un damné

Jouant d’un trop prude consentement

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Prisonnier de ses cuisses resserrées

Je me vengeais avec mes plaisirs

Égoïste et violent, qu’elle dit partager.

Petite insolente, tu prêtes à rire

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Renforçant le vénérable désir

Comme de démolir et jouir au nez

D’une expérience vécue en martyr

Pour m’évanouir sur ta joie de me baiser.

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Y@nn Pbd_dec2017_©

Andromaque

Andromaque

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C’était un jour si semblable aux autres

Avec ses couleurs bien matinales

Son odeur de fièvre sentimentale

Et son air insulaire qu’est la nôtre

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Enlacé au rivage de nos yeux

Flottait au ciel une nuit océan

Le refuge idyllique des amants

Quand s’embrase l’âme des corps langoureux

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Toute la possibilité d’une île

S’unissait d’efforts paradisiaques

Aux excitantes versions d’Andromaque

Pour jouir de ta tendresse volubile

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Cerné d’écume blanche et rugissante

L’horizon d’un vaste flot émeraude

Souleva l’ombre angoissante d’une fraude

Sitôt franchit l’isthme de l’aube naissante

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Sous la braise de mots incandescents

Surgirent tant d’émotions en fusion

L’impudeur de courtes exclamations

Aussi innocente que le beau temps

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Alors l’éternité nous figea

Dans l’espace invisible de l’instant

Pour toujours et à jamais fuyant

Vers des plaisirs nés dans l’au-delà

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Y@nnPbd_fev19_©

Poseidon

Poseidon

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J’emprunte à la mer son océan de mystères

Des arômes d’aventures parfumés à la dure

Promettant à chaque escale de nouveaux horaires

Maquillant la nature d’une ponctuelle verdure

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L’intuition timide d’une boussole me sert de guide

Pour traversé d’une brasse la saison des tourments

Qu’une mousson torride rejette loin de l’Atlantide

Sur une terre aux sentiments dépourvue d’argent

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De l’or brille pourtant dans les yeux des gens heureux

Comme dans le cœur d’artistes dévoués au bonheur

Sifflotant dans l’air du temps l’hymne des amoureux

Où seule triomphe la ferveur d’incroyables douceurs

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D’une forêt d’émeraude s’évade l’ombre de mes fraudes

Des trésors de pacotilles comparées aux filles

Remontant aux sources de mes tentations ribaudes

En fragrances sucrées de vanille ou de myrtille

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La liqueur aphrodisiaque aux délires maniaques

Souffle en contrebande le jeu des corps langoureux

D’une ile paradisiaque aux nectars démoniaques

Brûle le feu des passions se conjuguant à deux

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Un poison aux goûts de miel renverse ma raison

Suggérant aux mœurs en liesse d’un jour de kermesse

Les sensations acquises aux fièvres d’une religion

Confessant le temps d’une messe des frissons aux fesses

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Le désir volubile enlacé de plaisir

Approuve l’armistice de nos étreintes pacifiques

Aux frontières d’un avenir envieux des soupirs

Admirant la piste aux étoiles de l’atlantique

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Une sirène en peine entravée de ses lourdes chaînes

Noie sa nostalgie créole dans un fond d’alcool

Suffisant pour enivrer les veines d’une baleine

Dont les refrains frivoles invoquent une farandole

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En plein naufrage j’éprouve les charmes de son visage

Quand m’éclaboussent les affections de la passion

Confirmant le vieil adage de mon esclavage

Avec Poseidon, chef d’orchestre de ses dons

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De fines flèches me transpercent au crépuscule d’une brèche

Béante et gourmande du récit des vagabonds

Torturés d’histoires revêches aux encres en panne sèche

Plagiant sur l’amour sa brave imagination

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Y@nn Pbd_nov2018-©

Sarabande

Sarabande

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Une étrange nuit de sarabande

Où les sentiments virevoltent

Des émotions en contrebande

Nous foudroient de cent mille volts

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Enlacé de lumière magique

Une complice intrépide s’invite

Semant dans nos cœurs la panique

De franchir trop vite les limites

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Tourbillonne l’impatiente traîtrise

Ou succombent les charmes sublimes

D’un corps à corps d’âmes surprises

Rituel émoi d’anonymes

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La fièvre d’une musique nous habite

D’un soyeux contact électrique

Les sens à fleur de peau suscitent

Une débauche des plus fanatiques

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Y@nn Pbd_oct2018_©🤟

Rêves

Rêves

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Bruyants silences confinant à la surdité

Une saison s’impatiente de venir t’embrasser

Au bout du long fleuve des voyageurs somnambules

S’étendait une mystérieuse vogue de funambules

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Précédant le temps bien charitable de la chair

Dépourvue de soleil et de terre nourricière

Veillaient les nuits blanches au secret d’une antichambre

Là, s’écrivait un livre aux délices de gingembre

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Ferme les yeux un instant, retrouve ces doux murmures

Fredonne les joies hurlantes enfouies dans ta nature

Du fond des ténèbres s’entendent ces cris légendaires

Écartelant le souffle de ton imaginaire

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Accorde à ton âme l’escale si cruciale d’une fête

Allonge-toi en pleine rancoeur d’une fameuse tempête

Contemple l’horizon se vider d’une aimable trêve

L’essentiel s’exauce bien avant la fin d’un rêve

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Yann Pbd_sept18_©️

Polar

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.polar

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Quand tous les papillons s’envoleront

L’été, loin au-dessus de l’horizon

Une pluie de l’automne assez monotone

Sèmera ses doutes jusqu’à Babylone

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Une ribambelle de joie à peine éteinte

Sous la ritournelle d’un hiver sans crainte

Que s’allumeront en toute bienveillance ?

Des cœurs prêts à ignorer la souffrance

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Enfouie aux profondeurs de ses racines

Comme part imputrescible des origines

Tu en deviendras l’ami généreux

Pour en conjurer un sort malheureux

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Ce coup du destin, aussi revanchard

Qu’un lendemain noir de mauvais polar

Juste pour t’apprendre à lire jusqu’à la fin

Des fois que l’histoire finisse vraiment bien

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Y@nn Pbd_nov2019_©

L’inconnue

L’inconnue

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Ô toi, l’inconnue aux mille et un mystères

J’étendrais mon odeur le long de ta chair

Après une courte nuit d’étreintes passionnées

De toute ma fortune, je me sentirais délesté

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Vainement, j’essayerais d’oublier ton nom

Que jamais nous ne prononcerons

Car nos âmes consciemment ont choisi

Bien avant de venir naître ici.

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Et même si ce ne fut qu’un bref instant

Un paradis irrésistiblement fuyant

À l’intérieur, chaque parcelle de moi

Se rappellera ce sentiment de joie.

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Si je m’échappe un jour de ton souvenir

Sache que mes larmes auront beau dire

Que la mélancolie s’amuse de ma tristesse

Elles couleront sur ma joue, d’une lente paresse.

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Y@nn Pbd dec2017- ©

Guinness

Guinness

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Elle s’arrosa de Guinness, la traîtresse

Liqueur aphrodisiaque dont je m’allèche

Abusant ma faiblesse et mon ivresse

Ma langue pimbêche fouina sa peau de pêche

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Le jeu, subtil et habile, m’attardait

Sur d’intimes parties, autour de l’abîme

De caresses en tendresse, je lui dressais

Les plaintes exhaustives d’un supplice ultime

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La torride soif me saoulait d’une fontaine

Ô sublime parfum d’une divine cyprine

Suffocant le martyre à perdre haleine

L’enfer louait cette beauté féminine

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Nos folles étreintes limitaient les issues

Aux impasses perdues du miel de nos nuits

Les cieux jaloux d’une ferveur inconnue

Ébahirent tant nos ébats, qu’elle en jouit.

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Yann Pbd_sept2018_©

Cicatrices

Cicatrices

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Les cicatrices de l’épine

Dessinaient sur son corps en ruine

Une triste passion, rude et amère

Les souvenirs d’une si belle guerre

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L’innocente bravait la campagne

Battant toutes les affres de mes hargnes

Oubliant sa mélancolie

Le fluide glaçant d’une vaine survie

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Aux veines bleuies enduites de bulles

Pour qu’un tourbillon m’émascule

La détresse rassura l’ivresse

Évoquant nos vies-de jeunesse

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Ô, exquise boisson de Champagne

Éclate le bois des portes du bagne

Réjouis le corps de ses envies

L’âme asséchée t’en remercie

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Yann Pbd_sept2018_©

Soleil noir

Soleil noir

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Languir ton envahissante présence Un long jour de soleil noir

Absorbant toute ma déliquescence

Piochée au hasard d’un brouillard

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Les mots généreux joueront

À laisser entre chaque silence

D’érotiques points de suspension.

Bien sûr qu’aussi, j’y pense

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Aux mille scénarios félons

Sans prononcer un mot

Assis à la table de la raison

Assécher comme un sot

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J’entre alors en résistance

Lubrifié par mon anxiété

De dévorer ton âme en transe

Seul festin à m’autoriser.

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Y@nn Pbd_dec2017_©