Souvenirs d’été

Souvenirs d’été

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Naissent les souvenirs d’été

Au rivage des eaux salées

Quand la tiédeur d’un orage

Vient mourir en bord de plage

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Tout remonte à la surface

Les mystères du temps qui passe

Les années d’une vague jeunesse

Aux lèvres attendries d’ivresses

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Le banc qu’usaient les amants

Scintille du reflet argent

Gravé de nos initiales

Comme un devoir conjugal

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Sans nous tenir de promesses

Se reproduisait l’espèce

Coupable d’innoccents plaisirs

Juste avant de trop vieillir

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Y@nn Pbd_ 2019ff-©

Sang

Sang

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Il est où le sang, le sang des innocents

Celui des enfants versés inutilement ?

Coule-t-il encore dans nos veines ?

Soulage-t-il au moins vos peines ?

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Aspergés des éclaboussures du passé

Chacun se sent un peu plus détroussé

Du long combat mené par ses aïeux

Avortant la révolution, nom de Dieu !

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Paroles fallacieuses, mot ordurier

Voilà ce que l’on entend la journée

Enivré des belles promesses de saisons

La tête penchée en signe de soumission

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L’égalité s’emmêle dans son barème

Usant du même sempiternel théorème

Que par soi-même, commence la charité

Comprenons, enfin, l’espoir bafoué !

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Yann Pbd_dec2017_©

Prière

Prière

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Tardivement s’éveille le noble désir d’entendre

Ce divin souvenir crépitant d’un feu tendre

Du bois vermoulu d’un cercueil où dansent des vers

Avides de fredonner la morte-saison d’hiver

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Si d’une page blanche s’écoule une noirceur au sang d’encre

Fantaisies mineures clamant le bonheur d’un cancre

Sa culture profane en décale d’autant les moissons

Qu’en hommage d’une tierce leçon, t’accordent ses violons

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Les flammes de l’enfer lui réchauffent bien assez l’air

Pour refuser des jours supplémentaires sur terre

Subvention charitable d’une dette bien honorable

Dont les crimes patienteront de répondre coupable

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Vertueuse âme protège ce destin d’une sclérose

Son cœur dissipé palpite aux nuits des maux roses

Authentiques louanges d’une vie aux prospères misères

De ses mélodieuses souffrances grondent sa piètre prière

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Vénérable femme, étale tes charmes de séductions

Sensuelle merveille vibrante de pâmoisons

la vigueur recouvrée soulagera vos peines

De plaisirs étourdissant, bon à perdre haleine

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Versatile humeur accroît la chaleur du cœur

D’une nacre lumière d’arc-en-ciel aux cent mille couleurs

Que sa joie sillonne la plaine de ses tendres brindilles

L’embuscade d’un pardon désire étreindre ses filles

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Yann Pbd_octobre 2018 … à la vie, à mes filles._©

Les gens

Les gens

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Bleu blanc rouge qu’ils disaient tous la main sur le cœur

Black blanc beur qu’ils répondaient tous dans le bonheur

Sans autre allusion que de croire à l’unité

Ni l’illusion séduisante de bien se tromper

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D’exclamations formulées en réclamations

À des collègues aux nombreux concepts tout abscons

Ils chantaient joyeusement une seule et même rengaine

Pour que leur passion à l’unisson se déchaîne

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De moqueries à peine voilées en railleries

À force fusaient de si mauvaises plaisanteries

Que la diversité éclatait en lambeaux

Avant d’être enseveli au fond d’un tombeau

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Là où repose une cacophonie de promesses

Entendues à l’heure habituelle d’une fausse messe

Chantée un matin triste d’ennui avant la nuit

Pleine de ses vérités aux lumières assombries

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Le déclin commença bien avant ces fadaises

Ramassées à la pelle depuis l’unique genèse

Décrite dans le seul vrai grand livre des gens qui s’aiment

Même s’ils n’ont jamais lu tout l’amour d’un poème

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Y@nn Pbd- mars 2021-©

Cartable

Cartable

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Dans le fond de mon cartable dorment des feuilles d’érable

Au doux parfum d’un automne en sacerdoce

Comme l’ombre matinale au réveil d’une nuit de noces

Quand ronfle le diable, ivre, sous un monticule de sable

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Il crayonne de sa main agile des fables malignes

Plus longues que l’histoire finale prévue au matin

Puisqu’elle raconte toujours d’éternels lendemains

Aussi fébriles et prévus qu’un point à la ligne.

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Je lui tends des fleurs encore sauvages en hommage

À son désir bien plus violent et impatient

Qu’une hirondelle dans le ciel un jour de printemps

Pour qu’il hume ce doux parfum venu d’un autre âge

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Il les prend et les sent d’un air aussi joyeux

Qu’une plume au goût de miel, un jour providentiel

Avec sa ferveur innée à boire des cocktails

Pour se métamorphoser en ange merveilleux

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Sa soif d’aventures ne se lit plus dans ses rêves

Rassasié de son maudit passé solitaire

Il foule à présent à deux une terre étrangère

Fait de lumière et de joie vives qui le relève

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Y@nn Pbd_septembre 2020_🌈_

Chipie

Chipie

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Dès l’aube tu viens avec le regard trop espiègle

Pour être malhonnête en franchissant ma blanche porte

Ton sourire pour la longue journée me réconforte

Et comme toutes les exceptions, tu confirmes la règle

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De jouer l’enfant de chœur d’un monde sans misère

Où chacun trouve une juste place au bon endroit

Sans faire un chichi malsain du meilleur aloi

En claironnant le spleen d’une chanson à l’envers

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Et d’ailleurs tu me fais bien rire de mes malheurs

En me faisant profiter à fond de la vie

En guettant toutes les lueurs de chaque éclaircie

En m’amusant de tout et rien pour leur faire peur

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C’est ainsi, en souriant tout en aimant

Que revient la saveur piquante du goût de vivre

En rigolant à faire fondre sans excès le givre

Collant aux broderies glacées des vêtements

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Viendra alors le goût des bonnes plaisanteries

En partageant tous ensemble des bons jeux de mots

Aussi agréable que le moment d’un bravo

Félicitant les bonnes blagues osées d’une chipie.

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Y@nn Pbd- avril 2021-©

Tabous

Tabous

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Tes sens sans dessus dessous

Réclame cent et un tabous

L’exploration de tes vices

T’amuses comme au temps jadis

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Que des folies passagères

Aux lentes humeurs nées hier.

Je nageais dans tes beaux yeux

Dont je tombais amoureux

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Un goût de joie nous remplit

Et un jus gras s’ensuivit

Nos palais s’en dégustèrent

De belles saveurs s’annoncèrent

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Comme des effluves trop sacrés

Pour vite s’en débarrasser

Gentiment on se délecte

D’un nectar qui se respecte

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Y@nn Pbd_2020_©_🌹

Mélodie

Mélodie

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Écoute la mélodie des mots

Devenir caresse sur ta peau

Toi qui cherches le vain réconfort

Reçois le plus humble des trésors

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Une farandole de rêveries

L’étourdissement d’une folie

S’empare de nos âmes à l’instant

Vers le voyage des sentiments

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Déposons les armes de la haine

Ensemble, traversons l’immense plaine

Séparant fleuves et océans

Et oublions nos vieux tourments

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Voilà, nous sommes dans le jardin

Goute l’air alléchant du matin

Venu t’offrir un phénomène

Cette journée splendide est la tienne

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L’éphémère console ta tristesse

Pour éviter qu’elle ne te blesse

Accroche-toi aux branches de bonheur

Celles qui poussent au fond de ton cœur

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Nos regards se voilent d’inconnues

Quand nos âmes se parent de vertus

Pour nous dévoiler les mystères

D’une vie belle et joyeuse sur Terre

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Yann Pbd _ automne 2019_©_🌈

Pagaille

Pagaille

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Ô lumière de l’ombre, éveille les jours de ma vie

Clarté divine de la nuit, éclaire de magie

Toutes mes insomnies avec cet éclat d’antan

Où l’avenir dessinait des sourires brillants

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Sur des visages, tous clairsemés d’insouciance

Que déjà, naissait l’insolence de la confiance

En des jours tout aussi délicieux qu’éternels

À l’âge canonique des rêves toujours immortels

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Des joyaux d’instants, tous plus épanouissants

Que les fourberies semées dans cette vie d’avant

Des niaiseries accumulées de moqueries

Joies en peine perfide, déjà tombées dans l’oubli

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Reste des souvenirs en pagaille vraiment sincères

Quand s’émerveille une anecdote sans commentaire

Où s’installe en silence un plaisir en souffrance

Aussi intense qu’une nuit blanche sombre comme ta chance

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Y@nnPbd_dec2019_©

Voyage

Voyage

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T’évanouir dans mes yeux perdus

Quand je m’évade de tes yeux confus

À l’orée d’un paysage splendide

Aux couleurs de nos âmes translucides

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Les émois d’un tango dansent de joie

Autour du rêve surpris d’un pourquoi

Quand la fièvre de nos corps enlacés

S’élève au moment de s’embrasser

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Un tambour se rythme d’une seule chamade

Depuis nos coeurs pris en embuscade

Dans l’impasse isolée de l’amour

Avec l’insolence de notre humour

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S’éclatent de bonheur nos lèvres timides

Sitôt qu’une chaleur d’hiver humide

Déferle sur notre modeste horizon

En revendiquant de perdre raison

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Dans le sillon creusé de tes fesses

Là où s’immiscent de si belles promesses

Parfumées par l’effluve du désir

Joint aux plaisirs de n’en plus finir

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Pied et poings liés aux volontés

Dicté par ta conduite effrontée

Je m’exécute bien docilement

Au chevet de l’entrecuisse béant

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L’offrande gustative digne d’une déesse

Fruit défendu de divines caresses

Désaltère ma soif au doux breuvage

Dont l’essence m’exile vers un voyage

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Yann Pbd_oct2019_©