Sirène

Sirène

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Aux refrains d’une sirène

Un marin s’éveille

Dans ses filets d’ébène

Un chagrin sommeille

Des larmes le dévisagent

De fières cicatrices

L’inonde d’un présage

Aux signatures d’armistice

Pacte aux charmes volages

Ancrée au fond du cœur

L’encre de son tatouage

Évanouit sa peur

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Y@nn Pbd_2018_©

Roman

Roman

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La lecture inédite de ce roman

Transpire entre tes lèvres humides

Dévoilant un alphabet impatient

Les mots d’une fontaine intrépide

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Sous une revigorante

douche

L’espoir lessivé d’illusions

Se mouillent des âmes imprudentes

Rincé par de splendides raisons

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Unis par le vent des sentiments

Turgescent d’un vilain désir

La peau souffle l’enchantement

En se désespérant de nous réunir

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La caresse fuyante des paroles

Effleure l’amour de promesses

La somme de toutes mes oboles

Culminera au bas de ta tendresse.

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Y@nn Pbd_automne 2019_©_🌸

Pétasses

Pétasses

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Nan, tu écris de la poésie ?

Des histoires bien plus courtes qu’un récit ?

Avec des rimes plus riches qu’à la banque

Où s’entassent toutes les pétasses en manque

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Elles y attendent le vrai prince charmant

Trop occupé à compter l’argent

Laissez-là par des gens si honnêtes

Qu’ils en oublient même des cacahouètes

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De toutes petites pièces en ferraille jaune

Pesant juste assez pour une pauvre faune

Qu’il en faudrait bien plus que des tonnes

Pour attirer l’œil rouge des patronnes

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Des banquières perchées sur un strapontin

Éjectables les jours de trente et un

Alors que ces dames dites sans vertus

Chantent bien plus juste que ces malotrues

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Plus merveilleuse que des religieuses

Perdues dans l’abbaye silencieuse

Qu’embrassent de détresse les belles déesses

Pleines des promesses cachant leurs grossesses

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Y@nn Pbd- avril 2021-©

Oiseau

Oiseau

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Le chant d’un oiseau me confia dans l’oreille

La mélodie étincelante du soleil

Des rayons aux notes colorées d’aventures

Dont le refrain charma ma divine nature

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Une fine pluie d’été finit par succomber

Sur le matin d’un paysage enflammé

À son zénith, pleuvaient des larmes d’émotions

Ravies de fredonner l’air triste d’une chanson

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De la joie s’échappait d’un ciel taciturne

Sous le regard franc et complice de Saturne

L’étrange feux d’artifice d’une belle parabole

Inonda l’univers d’éclats de paroles

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D’émouvants chuchotements digne comme le vent

Soufflaient aux égarés le chemin du temps

À prendre sans trop se presser les jours fériés

Clamaient en chœur tous les autres jours de l’année

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fev2019- Y@nn Pbd-©

Assassin

Assassin

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Vous ne m’avez pas assassiné

Durant cette longue nuit d’été

À peine égratigné, seulement

Mon corps gît bien patiemment

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Que chacun puisse le contempler

Il vous aidera à vous détester

Mais déjà vous détournez les yeux

Effrayé par la mort d’un bienheureux

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La nausée, le vomi vous envahit

Vous sentez venir en vous l’infamie

Bientôt la folie et puis le dégoût

À l’écoute aigre doux d’un verrou

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Emmuré vivant chez les aliénés

Vous apprenez à me regretter

Alors que mon âme, infatigable

Joue votre sort avec le diable.

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Yann Pbd_0718 ahahah_©

Juliette

JULIETTE

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Si tu veux rendre hommage, bien sûr, à la belle Juliette

Avec un sourire aussi digne qu’une lune naissante

Et des paroles juste frivoles, fraîchement luisantes

Sans commettre les outrages d’une terrible conquête

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Ne raconte pas d’histoires parfumées d’idées noires

Mais fais-la plutôt rire d’éclats assez brillants

Pour qu’elle voyage vers l’imaginaire d’instants

Plus sincères qu’une vie en terre de désespoir

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Tu lui feras tourner, sans la perdre, la tête

Avec l’air vivifiant charmant d’un jour de fête

Tu gagneras son amitié d’un jour d’été

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Et tu sentiras le bonheur d’une vérité

T’effleurer la peau comme une soyeuse chansonnette

Que fredonne la nuit sans se cacher, le poète.

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Y@nn Pbd_juillet 2020_ Â Juliette. ©🌹

#sonnet

Esthète

Esthètes

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Sous les sables mouvants de la planète

S’enfouissent discrètement des histoires

Parsemé de chapitres dérisoires

Évoquant les souvenirs d’esthètes

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D’amusantes broutilles rocambolesques

Aux envolées d’innocentes jeunesses

Parfumées de salutaires ivresses

Aussi jovial qu’une pluie romanesque

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Racontant d’héroïques escarmouches

Entre d’amusants belligérants

Clamant haut et fort comme des savants

Le tir à double sens d’une cartouche

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Celle-ci, n’ayant l’air de rien arrose

Tout en abreuvant de tristes acolytes

Et en feignant une brillante conduite

De liqueur digestive à forte dose

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Enivrant des paroles trop confuses

Pour comprendre le sens des mots obscurs

Souvent en dessous de la ceinture

Vautrés comme des méduses

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Des albâtres plus saouls que des poivrots

Un jour de fête autour de guinguette

Plus vaudevillesque que le rire d’une mouette

À l’humour tout aussi rigolo

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Y@nn Pbd_juin2021

Bouquet

Bouquet

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L’idée frémit entre les pensées au clair de lune

Sans lui laisser le temps de disparaître quelque part

Envahir la planète éloignée de Neptune

M’obligeant à me mettre vite fait sur le départ

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Pour la retrouver en forme avant qu’elle ne s’use

Éreintée du voyage cosmique vers l’infini

Perdue dans les limbes de l’esprit, qu’un rien l’amuse

En plein éclat de rire, occupée et ravie

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Du nouveau monde pittoresque qui l’entoure par chance

En flottant sans filouterie dans l’espace du ciel

Majestueux de sa beauté limpide d’absence

Mais pleine de trésors invisibles et essentiels

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Elle attend d’être cueilli aussi délicatement

Qu’une fleur s’émerveille de la nature du matin

Avant de s’envoler dans un murmure très lent

Rejoindre sans chagrin un bouquet aux mille écrins

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Et enfin son esprit se dévoilera aux yeux

Prêts à lire toute sa quintessence la révélant

En s’ébahissant de son courage ténébreux

Sous des orages de lumières très éblouissants

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Yann Pb_ avril 2022_ ©

Pardon

Pardon

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S’abat sur moi toute l’excitation

Recouvrant, ici, le cri de la raison

Toujours le même, son discours

Un vrai dialogue de sourds.

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Vite ! Pars loin de mon chagrin

Dressé dans la brume du matin

Ton destin, cours le rattraper

Tu l’as déjà bien assez gâcher.

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Ces petits moments de bonheur

Tous bien séduisant d’horreur

Voilà venu l’instant du sacrifice

De boire jusqu’à la lie le calice

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Succombant aux vicieuses avance

Je m’arrange des remontrances

Te renvoyer là, d’où tu viens

Sur ton raisonnable chemin.

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Y@nn Pbd_automne 2018

Barda

BARDA

Toi de l’hiver qui pousse vers l’été

Ton printemps ne connaîtra jamais l’automne

Et pourtant des pousses d’insouciances

Germent enfin dans ta conscience

Rouges et flamboyantes, elles brûlent

La jeunesse devenue somnambule

Conciliabule d’une particule

Au fond d’une impasse Impair, noir et passe

Trépasse, repasse Vivaldi, encore une fois

Une dernière fois, à l’endroit

Et la nuit viendra couvrir tout ce barda.

Yann Pb. ©y