Plume

Plume

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À Victoria et Johanna

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Du temps s’est écoulé depuis votre long départ

Pourtant, dans ma chair, je ne peux vous oublier

Vous êtes à jamais l’essence d’une vie tant rêvée

Que votre si longue absence flotte comme un nénuphar

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Ô j’aimerais tant vous revoir prochainement

Et que vous devez être de grandes et belles filles

Maintenant si près et si loin de notre famille

À jamais graver dans les limbes d’un firmament

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Aussi céleste que mon amour, que je vous offre

Comme une plume assez légère pour en fendre l’air

Et vous rejoindre au crépuscule de la lumière

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Éclairant de mille feux ce jour tant attendu

De vous retrouver dès l’aube claire de votre venue

En cueillant votre juste estime dans le fond d’un coffre

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Y@nn Pbd_ décembre 2020_©_😎

Les plantes océanes

Les plantes océanes

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Les délicatesses de l’existence voltigeaient

Autour d’un abime divin, sublime et splendide

Leurs tentations subissaient l’envie du suicide

À l’ombre ensoleillée d’une minute des plus gaies

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Fleurs fanées inspirant l’ivresse des profondeurs

Où d’un pesant silence s’effritait l’impatience

D’une joie effrontée, encore confuse d’insolence

Avant de trébucher sur un sentier moqueur.

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L’ampleur née du gadin méritait des plumes d’aigles

Pour qui voulaient s’envoler au pays des morts

En apercevant, au loin, les rives du grand port

Comme les vestiges sacrés de mes fous rires espiègles

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La délivrance survint à l’aube d’un matin calme

L’errance, propice aux vices variés d’une réjouissance

Succomba de détresse devant tant d’élégance

Promise par le ciel, lorsqu’elle me couvrit d’une palme

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La récompense, si cruelle, me consacrait Dieu

Dignement entouré d’amour, depuis toujours.

Sonna ma réclamation aux oreilles d’un sourd

Pour le prévenir d’une dette comptable à mes yeux

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L’addition d’éternelles secondes mises en souffrance

Valait bien une dernière danse sous ivresse terrestre

Qu’il répondit d’un air entendu par l’orchestre

Le OUI, sincère et franc des gens qui donnent confiance

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Alors, je m’enfuis plus vivant du cimetière

La chair à vif guérissant de blessures tragiques

Quand sonna le glas suprême des pouvoirs karmiques

Avec l’esprit légitime d’abattre des frontières

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L’explosion, silencieuse, ravagea d’innocence

La cruauté céleste venue à mon secours

Avec le pardon réservé aux mauvais jours

En signe d’acceptation de toutes mes exigences

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Une pluie de larme me lava des soupçons profanes

En se déversant au coeur de mes cicatrices

Luisantes du halo annonciateur des solstices

Car aux saisons mortes, éclosent les plantes océanes

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La renaissance aquatique d’une légende vivante

Épanouie des secrets voilés du prophète

Au langage crypté de métaphores qui s’entêtent

Parlait de la seule vérité scintillante

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Ses puissants éclairs d’un subtil soleil d’hiver

Rayonnaient au secret des nuits sauvages

Qu’une douce mer vagabonde poussa au rivage

D’un désert fourmillant du rêve des plus sincères.

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Y@nn Pbd_hiver2019_©

L’écorché

L’écorché

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L’écorché vif s’enivrait dans un bar tranquille

Avec pour seule compagnie une ivresse terrible

Elle appelait du fond d’un verre bien insensible

Ses douleurs narquoises en paix à des luttes dociles

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Avant de s’effondrer raide, il but d’une seule traite

Le fond d’un verre jauni, toujours aussi sincère

Qui lui disait droit dans les yeux de son mystère :

« Sombre dans toute l’amertume nacrée d’une jolie fête 

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Tu joues à l’homme en rayant d’un seul trait de gomme

Toute l’essence des jours heureux comme un malheureux

Alors que flotte dans tes yeux noirs l’extase d’un Dieu

Assez courageux pour rêver de son royaume

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Love-toi au creux plein de ton âme quand tu divagues

Et laisse-la te parler nettement d’une juste cause

Elle te racontera l’essence des choses qu’on ose

Quand la tristesse déferle en une effroyable vague

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Y@nn Pbd_ octobre 2020_©_😎

Soleil noir

Soleil noir

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Languir ton envahissante présence

Un long jour de soleil noir

Absorbant toute ma déliquescence

Piochée au hasard d’un brouillard

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Les mots généreux joueront

À laisser entre chaque silence

D’érotiques points de suspension.

Bien sûr qu’aussi, j’y pense

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Aux mille scénarios félons

Sans prononcer un mot

Assis à la table de la raison

Assécher comme un sot

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J’entre alors en résistance

Lubrifié par mon anxiété

De dévorer ton âme en transe

Seul festin à m’autoriser.

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Y@nn Pbd_dec2017_©

Sortilège

Sortilège

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Sur des joues creusées de pourpres sanglots

Coulent en cascade ses dernières larmes

Jetant au précipice de son charme

L’esquisse d’une torture à fleur de peau

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Ses racines culminant aux mornes cimes

Mutilent l’espoir d’atteindre le ciel

La gravité broyée par son fiel

Esquive au martyre de vendre ses crimes

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Des broutilles l’accusant de victime

Fait de son regard aveuglé

Les désillusions d’un passionné

Esquif rugissant d’une vive estime

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L’âme ruisselante au seuil des chagrins

Sacrifice de glorieuses épreuves

D’alluvions blessées au lit d’un fleuve

Le sortilège s’endeuille au matin

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Y@nn Pbd_oct2018–©

Cicatrices

Cicatrices

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Les cicatrices de l’épine

Dessinaient sur son corps en ruine

Une triste passion, rude et amère

Les souvenirs d’une si belle guerre

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L’innocente bravait la campagne

Battant toutes les affres de mes hargnes

Oubliant sa mélancolie

Le fluide glaçant d’une vaine survie

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Aux veines bleuies enduites de bulles

Pour qu’un tourbillon m’émascule

La détresse rassura l’ivresse

Évoquant nos vies-de jeunesse

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Ô, exquise boisson de Champagne

Éclate le bois des portes du bagne

Réjouis le corps de ses envies

L’âme asséchée t’en remercie

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Yann Pbd_sept2018_©

Saison

Saison

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Au matin, à l’heure des heures grises, s’élèvent dans le ciel

De lumineuses idées aux accents de Provence

Sulfureuses comme les chansons enivrantes d’une danse

Où des corps à corps émus s’accordent au pluriel

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Autant de phrases sans équivoque s’enchaînent la nuit

Et donnent au matin la volonté nécessaire

D’avaler le monde avec le goût d’un dessert

Se sustentant de ses plaisirs avec envie

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Ces jours heureux donnent de la passion aux tristesse

Pour qu’elles s’évaporent en fumerolles toutes colorées

En donnant les reflets de chaleurs d’un été

Trop vite passé à se plaindre les longues nuits d’ivresses

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Les averses de l’automne prennent place dans les jardins

En arrosant les dernières fleurs de la saison

Adieu. À l’année prochaine en salutations

Seront les ultimes expressions d’un beau matin

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Ne reste plus qu’à laisser fondre la journée d’hiver

Vers la nuit en attendant la prochaine raison

Pour que recommence de surprenantes émotions

Et que les prairies s’habillent d’un long manteau vert

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Yann Pbd – novembre 2021 – ©