Le vent

Le vent

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Allons, aimons-le aussi, le vent

Avec lui, sourions du gros temps

De longs filaments blancs berceront

De merveilleuses collines en vallons

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Juste avant d’aller nous réfugier

Sous un petit saule pleureur d’été

Craqueront au sommet toutes ses feuilles

Impuissantes, elles vivront un tendre deuil

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Possédés par d’horribles hurlements

Le tronc s’agrippe à nos tremblements

Aussi vain et stupide que terrible

Mais de très loin, reviens le paisible

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L’aventurier, d’une mer égarée

Lui aussi, navigue d’un air saoulé

Dans ses cales, une cargaison de rhum

Préfigure du prochain maelström

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YPbd_août2018 #Poème_©

Écris sous une tourmente de Beethoven.

Les gens

Les gens

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Bleu blanc rouge qu’ils disaient tous la main sur le cœur

Black blanc beur qu’ils répondaient tous dans le bonheur

Sans autre allusion que de croire à l’unité

Ni l’illusion séduisante de bien se tromper

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D’exclamations formulées en réclamations

À des collègues aux nombreux concepts tout abscons

Ils chantaient joyeusement une seule et même rengaine

Pour que leur passion à l’unisson se déchaîne

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De moqueries à peine voilées en railleries

À force fusaient de si mauvaises plaisanteries

Que la diversité éclatait en lambeaux

Avant d’être enseveli au fond d’un tombeau

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Là où repose une cacophonie de promesses

Entendues à l’heure habituelle d’une fausse messe

Chantée un matin triste d’ennui avant la nuit

Pleine de ses vérités aux lumières assombries

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Le déclin commença bien avant ces fadaises

Ramassées à la pelle depuis l’unique genèse

Décrite dans le seul vrai grand livre des gens qui s’aiment

Même s’ils n’ont jamais lu tout l’amour d’un poème

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Y@nn Pbd- mars 2021-©

Guides

Guides

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Les feuilles du calendrier s’effacent

Loin des yeux, sans un bruit, sans une trace

À l’aube d’un souvenir en contre-jour

Apparait la lumière des toujours

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Elle qui brille depuis la nuit des temps

Dans un cœur brûlant de sentiments

Célébrant d’une larme les fêtes païennes

Dont les joies s’alourdissent de ma peine

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S’éloignent ces instants d’éternité

Suspendue entre futur et passé

À la mémoire embuée d’espoir

Un présent se presse de vous revoir

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Le papier du cadeau de la vie

Se déchire au charme d’une seule magie

Solidaire du désir bienveillant

De vous enlacer de mon vivant

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Cette poésie vous embrasse mes filles

Le sang versé sur chaque lettre scintille

Comme vos étoiles sous la voute céleste

Illuminent ma destinée funeste

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Un silence macabre fouille dans ma vie

La raison de mes sens interdits

Fruit de mes entrailles bénies de joie

Notre amour me guide sur la bonne voie

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Y@nn Pbd-Janv2019-©

Soupirs

Soupirs
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Se tenir par la main
Pour nous soutenir
Aller bien plus loin
Que le pont des soupirs
Et entendre ton cœur
Me dire des mots doux
Au rythme du bonheur
En t’embrassant partout.
Plus rien n’existera
Sauf un sixième sens
Et le goût de toi
Aux émotions intenses
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Yann Pbd. _©

Chipie

Chipie

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Dès l’aube tu viens avec le regard trop espiègle

Pour être malhonnête en franchissant ma blanche porte

Ton sourire pour la longue journée me réconforte

Et comme toutes les exceptions, tu confirmes la règle

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De jouer l’enfant de chœur d’un monde sans misère

Où chacun trouve une juste place au bon endroit

Sans faire un chichi malsain du meilleur aloi

En claironnant le spleen d’une chanson à l’envers

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Et d’ailleurs tu me fais bien rire de mes malheurs

En me faisant profiter à fond de la vie

En guettant toutes les lueurs de chaque éclaircie

En m’amusant de tout et rien pour leur faire peur

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C’est ainsi, en souriant tout en aimant

Que revient la saveur piquante du goût de vivre

En rigolant à faire fondre sans excès le givre

Collant aux broderies glacées des vêtements

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Viendra alors le goût des bonnes plaisanteries

En partageant tous ensemble des bons jeux de mots

Aussi agréable que le moment d’un bravo

Félicitant les bonnes blagues osées d’une chipie.

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Y@nn Pbd- avril 2021-©

Avenir

Avenir

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Déambulant sur le sentier de l’avenir

D’intimes foulées rythment en cadence celle d’un désir

Défile un paysage arrosé de tempête

Rinçant d’obscurs fantasmes au pied d’amères défaites

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Maudite trajectoire variant des plaisirs promus

Délires de vieilles doléances naguère invaincues

S’étale en pagaille une armée de souvenirs

Aux fières allures d’hier enclines à m’éblouir

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La nuit révèle aux âmes égarées d’autres couleurs

Invisibles saveurs à l’oeil embué de leurres

Palpitent les paupières transpercées d’une lumière nacre

La confession solennelle d’un cœur aux mille sacres

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Puis l’aube du jour se lève rendre grâce aux merveilles

Des rêves impatients d’émerger d’un long sommeil

Une ombre intrépide avide de sensations danse

L’immanente passion solidaire d’une transe

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Y@nn Pbd_oct2018_©

Rêves

Rêves

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Bruyants silences confinant à la surdité

Une saison s’impatiente de venir t’embrasser

Au bout du long fleuve des voyageurs somnambules

S’étendait une mystérieuse vogue de funambules

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Précédant le temps bien charitable de la chair

Dépourvue de soleil et de terre nourricière

Veillaient les nuits blanches au secret d’une antichambre

Là, s’écrivait un livre aux délices de gingembre

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Ferme les yeux un instant, retrouve ces doux murmures

Fredonne les joies hurlantes enfouies dans ta nature

Du fond des ténèbres s’entendent ces cris légendaires

Écartelant le souffle de ton imaginaire

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Accorde à ton âme l’escale si cruciale d’une fête

Allonge-toi en pleine rancoeur d’une fameuse tempête

Contemple l’horizon se vider d’une aimable trêve

L’essentiel s’exauce bien avant la fin d’un rêve

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Yann Pbd_sept18_©️