Voyelles

VOYELLES

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Entre consonnes et voyelles, je ne voyais plus qu’elle

Le récit de ses aventures fendait la nuit

D’éternelles ritournelles aux rimes sensuelles

Frissonnante d’émotions serties de magie

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Son âme, fière et passionnée, glissait entre chaque mot

La douceur d’un verbe aux tendresses universelles

Noyant mon passé décomposé dans l’ruisseau

D’une tristesse naguère vécue comme un rituel

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Le fantôme de mes nuits blanches venait tous les jours

Me demander d’aller faire ma déclaration

De mes sulfureuses envies, en usant d’humour

À celle dont l’apanage tenait ma dévotion

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Et à chaque fois où je croyais en réchapper

Glissait sur moi le piège étendu de ses charmes :

La douceur d’un joyau acéré de beauté

Que je nettoyais à grande eau avec mes larmes

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Désemparé, je lui tendis plus que ma joue

Afin qu’elle s’empare prestement de ma tendresse

Pendant que j’embrassai passionnément son cou

Lui effleurant de toute ma force dressée, les fesses

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Et là, dans le sombre abime, je la pénétrais

À perdre de vue tout mon infini bonheur

Quand tous mes sens se mirent à flotter en secret

Vers la seule extase propre à me fendre le coeur

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YannPbd_avril-septembre 2019_©

Royaume

Royaume

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Le jour se lève sur le silence de mon royaume

Aussi triste qu’une nuit blanche prisonnière d’un psaume

Dont l’amour s’est absenté loin dans un fossé

Avec pour seule compagnie un corps mutilé

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Des souvenirs s’effacent en rayant de la carte

Les allées colorées, quand partent les Bonapartes

Pour régner sans pitié sur des âmes égarées

Perdus dans les bas-fonds d’une terre isolée

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Des ruines parsemées d’éclairs jaunes vifs artistiques

Battus et rebattus par une bonne sémantique

Que d’honnêtes sentiments s’amusent à soutenir

De sourires aussi étonnants qu’une nuit à rire

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Ces fantaisies complaisantes en appellent d’autres

Comme les pulsations frénétiques des apôtres

Jouant aux saints évangiles lors d’une dispute

Sans aucun doute renié par une parole de pute

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Yann Pbd_automne2019_©

Lola

Lola

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C’est moi, Lola, la princesse d’une diaspora

Je virevolte au gré d’une pluie de sentiments

Éparpillés aux profondeurs des océans

À la recherche addictive du vrai grand A

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Tout le monde en parle, une larme à l’oeil, comme d’un Graal

C’est la quête d’un destin dessiné au fusain

Dont la main s’échine à égayer chaque matin

De couleurs splendides, vues dans le monde idéal

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Et pourtant toutes ces histoires finissent dans l’oubli

Ensablé dans un désert de cupidité

Où rien ne pousse sauf des fleurs mortes de vanité

Parfumé à l’essence de scandales, je grandis

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C’est moi, Lola, la victime de vos lents débats

Coupable de m’abreuver de toute ma liberté

À la claire fontaine des rêves indisciplinés

Au lieu de marcher au pas, seule, droit devant moi

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Avec pour fantaisies, la joie de mes oeillères

Garantes d’une réussite sociale tant attendue

Comme au temps jadis les bons mariages entendus

Égayaient de brillants échecs au goût amer

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Alors j’irais toutes les cueillir ces du mal

Une à une, l’effluve encore sacré des pistils

Embaumera dès la tendre jeunesse du mois d’avril

Le chagrin étouffant des rigueurs hivernales

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M’allouant la joie de quelques bouquets d’épines

Pour flatter les reflets si cruels du Lilas

Une aube pourpre m’embrase le visage comme une diva

De flammes divines qu’encense le ciel de mes racines

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C’est moi Lola, je me pose des questions, comme toi

Lorsque les larmes jaillissent des nuits blanches d’insomnies

Le cœur resserré sous la lave de mes soucis

Pourquoi cette vie-là, la privation d’un papa ?

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Sans doute pour aimer la pluie des soleils d’été

Que viennent à fleurir de honte les angoisses d’hier

Quand s’oublie l’indulgence suffocante de l’hiver

Où la verdure en deuil des sommets enneigés

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Ou alors mon âme se rince d’eau pure sous mes yeux

D’une vague aussi dansante que l’écume de l’averse

Où se disperse des nuits bruyantes de controverses

Le destin submergeant le feu des jours furieux

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Voilà, j’en suis la, plus le doute et les tracas

Et pourtant s’avance de certitude inconnue

En appelant de largesse le fruit défendu

L’ivresse d’une profondeur connue des seuls émois

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C’est moi Lola, reste si tu veux encore de moi

Même si l’aventure s’éparpille dans des je t’aime

Ton nom en signera l’un des plus beaux poèmes

Ceux m’endormant seule sous les pages blanches de mes draps

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Tu es l’inaccessible, le drame de l’impossible

Je t’ai inventé juste pour ne plus m’ennuyer

Avec les joyaux lucides de mes rêves brisés

Dont mon cœur terrible en dessinait l’unique cible

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Quand tu me parles tout bas, les sentiments sur pause

Sous l’arbre étrange et nu des rêves suspendus

S’éclate le mystère écarlate des pierres fendues

Gravé de l’innocente décadence de ta prose

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C’est comme ça avec Lola, tu n’as plus le choix

Aime ceux que tu sèmes, dit ma succulente devise

Et récolte les lubies permises aux insoumises

Répondent en choeur mes amants au sourire narquois

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Y@nn Pbd_Hiver19_©_🌸🌸🌸

Au diable vauvert

 Diable Vauvert

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Ce jour ou les vestiges d’une magie m’étourdirent

Au matin resplendissant d’un sombre avenir

Seule la nuit se tut, d’un cri suprême et splendide

Calfeutrant son écho sous mon âme translucide

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Avec des couleurs révoltantes de vérité

Plana le soupir d’arôme volé au café

La symphonie d’une balade aux faux airs sincères

Rajouta de l’héroïsme à l’imaginaire

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Le velours d’une caresse vint m’effleurer l’esprit

Donnant son arrière-goût aux fantasmes de la vie

Des fantaisies vindicatives de mon bonheur

Jalouses d’un bouquet d’épines flattant mes douleurs

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Devant l’éternité promise d’un cimetière

Aux sources du temps s’évapore l’éphémère rivière

Abreuvant les perceptions de mon existence

De pensées somnambules comme preuve de ma naissance

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Ô lumière divine prend date des rêves endormis

Où justifie le sommeil des morts en sursis

S’évadant si secrètement aux astres levants

Rejoindre Morphée venu prêter d’étranges serments

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Légendes vivantes enfermées à l’ombre du repos

Suggérant d’innocentes bravoures dignes d’un héros

L’oeil percé par les déceptions d’un lendemain

Aux accents d’hier fredonnant les mêmes refrains

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Vif éclair d’où jaillissent des lueurs de l’ailleurs

Aux hameçons d’illusions harponnant le cœur

Sous l’hypnose du charme cruel des heures de l’éveil

Disparaissent mes songes refroidis par le soleil

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Laissant la réalité m’ancrer les pieds sur terre

Je m’écris un chemin à l’encre des vieux mystères

Piochant une lecture au hasard de l’aventure

Je simule une fable en souvenir du futur

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S’incarne en toi l’intime désir de me connaître

Toi l’habitant du réel qui semble me voir naître

En exauçant les vœux d’un destin onirique

À chaque minute de ces longues secondes fatidiques

Une lubie dans ma tête s’enivre d’un ciel en fête

Qu’un miracle célèbre en bénissant de conquête

Une pluie d’instants me garde les yeux bien grand ouverts

Vivre la prière d’un rêve menant au diable Vauvert

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Y@nn Pbd_Dec ´ 2018_©

Guides

Guides

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Les feuilles du calendrier s’effacent

Loin des yeux, sans un bruit, sans une trace

À l’aube d’un souvenir en contre-jour

Apparait la lumière des toujours

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Elle qui brille depuis la nuit des temps

Dans un cœur brûlant de sentiments

Célébrant d’une larme les fêtes païennes

Dont les joies s’alourdissent de ma peine

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S’éloignent ces instants d’éternité

Suspendue entre futur et passé

À la mémoire embuée d’espoir

Un présent se presse de vous revoir

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Le papier du cadeau de la vie

Se déchire au charme d’une seule magie

Solidaire du désir bienveillant

De vous enlacer de mon vivant

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Cette poésie vous embrasse mes filles

Le sang versé sur chaque lettre scintille

Comme vos étoiles sous la voute céleste

Illuminent ma destinée funeste

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Un silence macabre fouille dans ma vie

La raison de mes sens interdits

Fruit de mes entrailles bénies de joie

Notre amour me guide sur la bonne voie

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Y@nn Pbd-Janv2019-©

Les plantes océanes

Les plantes océanes

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Les délicatesses de l’existence voltigeaient

Autour d’un abime divin, sublime et splendide

Leurs tentations subissaient l’envie du suicide

À l’ombre ensoleillée d’une minute des plus gaies

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Fleurs fanées inspirant l’ivresse des profondeurs

Où d’un pesant silence s’effritait l’impatience

D’une joie effrontée, encore confuse d’insolence

Avant de trébucher sur un sentier moqueur.

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L’ampleur née du gadin méritait des plumes d’aigles

Pour qui voulaient s’envoler au pays des morts

En apercevant, au loin, les rives du grand port

Comme les vestiges sacrés de mes fous rires espiègles

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La délivrance survint à l’aube d’un matin calme

L’errance, propice aux vices variés d’une réjouissance

Succomba de détresse devant tant d’élégance

Promise par le ciel, lorsqu’elle me couvrit d’une palme

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La récompense, si cruelle, me consacrait Dieu

Dignement entouré d’amour, depuis toujours.

Sonna ma réclamation aux oreilles d’un sourd

Pour le prévenir d’une dette comptable à mes yeux

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L’addition d’éternelles secondes mises en souffrance

Valait bien une dernière danse sous ivresse terrestre

Qu’il répondit d’un air entendu par l’orchestre

Le OUI, sincère et franc des gens qui donnent confiance

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Alors, je m’enfuis plus vivant du cimetière

La chair à vif guérissant de blessures tragiques

Quand sonna le glas suprême des pouvoirs karmiques

Avec l’esprit légitime d’abattre des frontières

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L’explosion, silencieuse, ravagea d’innocence

La cruauté céleste venue à mon secours

Avec le pardon réservé aux mauvais jours

En signe d’acceptation de toutes mes exigences

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Une pluie de larme me lava des soupçons profanes

En se déversant au coeur de mes cicatrices

Luisantes du halo annonciateur des solstices

Car aux saisons mortes, éclosent les plantes océanes

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La renaissance aquatique d’une légende vivante

Épanouie des secrets voilés du prophète

Au langage crypté de métaphores qui s’entêtent

Parlait de la seule vérité scintillante

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Ses puissants éclairs d’un subtil soleil d’hiver

Rayonnaient au secret des nuits sauvages

Qu’une douce mer vagabonde poussa au rivage

D’un désert fourmillant du rêve des plus sincères.

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Y@nn Pbd_hiver2019_©

Mots doux

Mots doux

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Envie de te dire des mots doux, dans le cou

De glisser mes mains, sur ta peau, partout

Te réveiller dans la chaleur et l’humidité

Soufflant le vice de mes arrière-pensées

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Inondé par le flot continu d’une jouissance

Ma vie damnée s’évanouit dans l’errance

Féline, serrant mon cœur en pelote de laine

Tu refoules au loin tous mes désirs de haine

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L’avant-goût d’un baiser tendrement volé

Diffuse toujours sa substance macérée

Depuis longtemps au fond de nos âmes

La boire cul sec ne l’épuisera d’aucun drame

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Puisque le cadeau de la vie nous réunit

S’acharnant sur un vrai destin maudit

En imposant une séparation d’urgence

La violence serait de rater cette chance.

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Yann Pbd_dec17_©

Cupidon

Cupidon

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Les courbes de son corps sculptaient un abime divin

Où sillonnait l’encre nerveuse d’une histoire sans fin

Des promesses récitées au secret d’une caresse

Aussi savante que l’arrondi fou de ses fesses

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Glissant de la tête au pied, j’effleurais sa peau

Des foudres électrisantes frissonnaient en drapeau

Sur les rives ensablées d’une plage abandonnée

Au regard des curieux et de gens peu pressés

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Enfin, je le rencontrais mon sublime destin

Avec toute la tendresse étendue de sa main

Se touchait l’essence inflammable de nos âmes nues

Aussi tumultueuses que des rivières en crue

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Sous les flots vagabonds d’une lame plus furibonde

Se déversaient de joie l’amnésie du vieux monde

Dans un endroit au parfum vierge de tout repos

Plus mystérieux que l’allée dorée des tombeaux

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Là où brille le flambeau céleste du feu sacré

S’éternisait un rire funeste d’ange égaré

Déchu de l’honneur tyrannique de ses pulsions

Une fois admis le vertige de son illusion

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Alors s’évanouit la nuit dans nos esprits

Avec Cupidon en maitre de cérémonie

Et nous jouions, jouions la grande parade nocturne

Jusqu’à illuminer tous ces dieux taciturnes

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Ensuite arriva le silence des jours tranquilles

Entendues au matin d’un rêve encore fébrile

Si bien engourdi dans une mémoire pernicieuse

Dont l’érotisme confessait des fièvres nébuleuses

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y@nPbd_mars19_©️

Vapeurs

Vapeurs

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Des vapeurs rouges d’l’enfer, j’écris des poèmes bleus

Ici, rien ne bouge sauf la flamme d’un valeureux

Brûlant ses joies trucidées d’un touchant passé

Souvenir d’une mélodie jamais effacée

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J’affranchis vers leur destination ces humbles vers

Rangé par ordre de bataille comme des militaires

S’armant de mots puissants aux sanglots épuisants

De pourpres braises éructant d’un volcan larmoyant

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Jetant les étoiles au firmament d’un ciel noir

En longs filaments blancs éblouissant vos soirs

Pilonnage canonisant la terre de symboles

Où crèvent les nuages gris au ciel d’une parabole

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L’ocre des pigments délavés lacère l’atmosphère

D’honorables prières galvaudant vos sanctuaires

Où d’infects charniers glauques érigent vos joyeuses peurs

Sombres tourments s’évaporant d’un chaudron d’horreurs

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Les terreurs de la guerre inondent les cimetières

De fleurs écarlates couvrant de honte nos repaires

Là reposent de gloire les traîtrises d’une basse élite

Des pêchers condamnables culminants au zénith

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Sous la vieille rouille des tombales végète la paix

Jugé coupable de compassion par les versets

En genèse des souffrances infligées par les armes

Mutilant l’espoir de voir cette couleur du parme

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Ornant l’essence des larmes au reflet arc-en-ciel

Se voûtent les étoiles d’un soleil providentiel

Venu t’avertir de plusieurs joies à venir

Sitôt franchies les portes closes de tes pieux désirs

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Bats en toi un cœur suffisant à nos amours

Éphémère Fiançailles au tambour d’une belle-de-jour

Rythmant d’impassibles grondements d’éternité

Impatients de t’enseigner l’art divin d’aimer

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Y@nn Pbd_nov18_©

Soldat

Soldat

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Je suis un soldat du bonheur

À la solde d’aucune haine malsaine

Sur le front d’une lutte incertaine

Mes assauts portent haut mon honneur

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Tremblez, sarcasmes aux rudes tortures

Que vos sales maux repeuplent l’enfer

D’autres mots dévoués mènent la guerre

En piétinant l’champ d’vos murmures

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Vos âpres chapelets d’immondice

S’égrènent vite à la noire mesure

D’une musique battant votre nature

Par-dessus votre terrible supplice

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Périssez dans l’indifférence

Avec le chagrin comme soutien

Mes armes de joie triomphent enfin

Et l’amour s’ra ma seule vengeance.

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Y@nn Pbd_août2018 #Poème©️