Ferveur

Ferveur

 

 

J’ai cherché, longtemps, à éponger ta tristesse

M’infiltrant le long d’un flanc avec une caresse

L’oreille collée près de tes innocents murmures

Dur à entendre parmi tes effroyables brisures.

 

Une douleur sourde grondait, envahissant l’espace

D’alliances mutilées avant qu’elles ne trépassent

  Une ancre te retenait, plantée au fond du cœur

Expulsant ta joie en belle et infinie noirceur.

 

L’habitude de balader sa douce froideur

Flammes humiliantes te consumant d’une loyale chaleur

 Effeuillaient un peu plus chaque jour des pages splendides

Volumineux recueil gravé d’histoires sordides.

 

Jours d’écumes noyant les sentiments d’une sirène

D’eau sanglante et stagnante, entravée par des chaînes

Engloutissant son corps aux magiques profondeurs

Pour restituer à l’âme son ardente ferveur

 

 

Ypbd dec17/sept18

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La joie

La joie

Qu’une haine intense et viscérale
Couchant au coeur du vice de mes râles
Détruise le malheur d’une sale rancœur
Enfouie dans les affres d’une vile douleur

Que les nuits ardentes brûlent au passage
Le chemin menant vers ce voyage
L’éclat des paysages de l’enfer
Jouissent d’atouts plus séduisants sur Terre

Qu’une seule journée s’imprègne de mes nuits
Massacrant mes plus belles rêveries
Qu’impose l’insolente et blanche lumière
Au réveil des envies suicidaires

Quel vénérable blasphème sauvera
L’abandon de ma stupéfiante joie ?
La substance essentielle de mon âme
Que de vains espoirs mutilent en drame

 

YPbd_sept18

Poésie ? ah ah ah

La poésie me gonfle

Lire votre poésie me gonfle
Cet air pur tance des murmures
À mes insomnies : elle ronfle
De redondances si obscures

Que mon âme impure a mal
J’en divague de vague en vague
Anxieux de son ultime râle
M’achevant d’un coup de dague

Ça parle d’amour comme toujours
Ces rimes m’inondent de sanglots
La mélancolie du jour
Écrite une nuit de chaos

Coucher des mots sur des maux
Éveille l’envie d’un baiser ?
J’espère, sinon quel fléau
Ces poètes, mal inspirés.

YPbd_août2018_Aux maudits torturés par l’envie.

 

L’amour fatal

L’amour fatal.

Ignores-tu qu’au fond de ton cul, je me serais bien plu ? Rassure-toi je ne rentrerai pas par effraction. Mais bien avec émotion. J’envisage de l’explorer. Et pourquoi pas de m’y installer ! Évidemment que j’ai reçu ton invitation. Tu l’as écrite avec une telle passion. Elle me susurrait des mots doux. Que j’en suis devenu fou. Des papillons volaient dans mon ventre. Au point d’en perdre le centre. Celui de mes intérêts. Puisque tout nous rassemblait. Et toi, tu ne dis rien. Tu me tends ta main. Naïve et docile. Aimable et tranquille. Ça y est je tremble, il me semble. Toi aussi tu es impatiente. Ah oui ? Tout te tente. Petite insolente.

Et voilà, tu es nue ! Et déjà étendue. Prête à te sustenter de nos agapes. Illico, j’me désape. Oui, je suis comestible et disponible. Viens tâter la marchandise, j’te claquerais la bise. M’accompagner d’une sauce gouleyante ? Attends, il faut bien   fouetter sa consistance. T’es si charmante, quand j’y repense. D’ailleurs tu me rappelles l’amante, religieuse. Celle qui nous massacre en dévorant nos valeureuses verges. Nan! ne me fais pas croire que tu es vierge. J’ai plus l’impression de vagabonder dans champ bien cultivé que dans les allées d’un supermarché jonché d’emballages aseptisés. Tu veux me passer à la casserole ? M’ébouillanter ? Tout un symbole ton protocole. Mais pourquoi ne pas essayer, pour une fois ? Je sais que tu as foi en moi. Je ne te décevrais pas.

Une saveur. Une senteur. Tout pour te contenter, ma bien-aimée. Je suis bien affûté. Tu vas te régaler. Vas-y, mets ta pièce, j’prends que les espèces. Sonnante et trébuchante comme ça tu t’la joueras dominante. Tu vas faire qu’une béquée de mes testicules ? Donc, comme prévu, tout s’articule ? Pas besoin que je recule vers l’imprévu ? D’avance, je me soulage de notre courage. Si vraiment, tu me dévisages, me dévorant des yeux, certainement plus gros que ton ventre si délicieux. L’eau te vient à la bouche ? Enfin ! Ne préfères-tu pas d’abord mon liquide séminal ? Ah oui, tu as besoin de plus pour rassasier ta fringale. Après, tu prendras une douche. Cela va de soi, et toujours de bon aloi. Pour la digestion, exige toutes les précautions. Rien ne vaut une bonne sieste. Non, je ne joue pas les modestes, tu vas simplement goûter au supplice de mon âme. Oui, madame, je suis ta came.

Tu gargouilles d’un appétit féroce et tu es chaude alors que je suis bien à point. Le festin de noce que tu m’annonces, petite ribaude, semble être le mets de ces futurs conjoint. Tires aussi sur le joint, en plus de te donner une faim de loup tu n’auras plus aucun complexe, c’est fou ! Même si l’issue de nos plus bas instincts te laisse perplexe, ce n’est que du sexe.

Tu hésites, je le vois. Tout t’excite, même mes doigts. Garde-les pour le dessert, malgré ce que tu penses, je ne suis pas un pervers. Juste un peu vicieux et très aventureux. Car par là où je vais passer, je vais te retourner.  Et je te l’ai déjà dit comment tout finit. Au fond de ton cul. Car tu désires plus que tout m’avaler tout cru. Hein, ma cannibale ?

 

YPbd_sept18

 

Cicatrices de l’épine

Les cicatrices de l’épine

Dessinaient sur son corps en ruine

Une triste passion, rude et amère

Les souvenirs d’une si belle guerre

 

L’innocente bravait la campagne

Battant toutes les affres de mes hargnes

Oubliant sa mélancolie

Le fluide  glaçant d’une vaine survie

 

Aux veines bleuies enduites de bulles

Pour qu’un tourbillon m’émascule

La détresse rassura l’ivresse

Évoquant nos vies-de jeunesse

 

Ô, exquise boisson de Champagne

Éclate le bois des portes du bagne

Réjouis le corps de ses envies

L’âme asséchée t’en remercie

 

 

YPbd_sept18

 

 

Désillusion

 

La couleur du noir

M’est claire ce soir

Le voile diaphane

D’une partisane

Récite des soupçons

Sur mes intentions

 

Abusant d’un charme

S’évadent nos âmes

À la frontière

D’un cimetière

Où danse l’errance

Pas l’ombre d’une chance

 

Puis la nuit du matin

Lève une lumière, sans fin

Hélas, quand moins je songe…

Revient le mensonge

Une vie d’illusions

Parfaite désillusion.

 

YPbd_sept18

 

 

Disparue

« Depuis qu’il bouffait ses cinq fruits et légumes quotidiennement, qu’il buvait avec modération une flûte de champagne à noël, triait ses déchets plastiques dans la poubelle jaune, conduisait à trente à l’heure en ville pour ne pas abîmer les ralentisseurs, et surtout qu’il se brossait bien les dents trois fois par jour en tenant rigoureusement compte des explications publicitaires, jamais Bamby n’avait dérogé à la moralité bassinée par les conseillers en développement personnel. Ceux qui lui apprenaient à vivre, sans le connaître. Expliquant d’une manière subliminale, qu’ils devaient tous se comporter pareil pour faire rentrer leur merde dans le même moule. »

Extrait de: Yann Pbd. « Disparue. »