Mais, ils sont où ?

Mais, ils sont où ?

 

— Nan, mais c’est des conneries tout ça. Rien n’existe vraiment.

— Tu crois ?

— Oui, sinon on ne serait pas déjà mort.

— Peut-être qu’on ne fait que vivre encore.

— Tu crois ?

— J’en suis sur, tout paraît tellement vivant.

Ils étaient bien, assis là, en terrasse du Royal à regarder les filles parfumées à l’été. Elles sentaient bon les jupes courtes aux jambes dénudées. Puis ils sont partis en oubliant de régler. Personne pour les rattraper. De toute façon tout était gratuit dans ce paradis. Celui de la vraie vie.

#PasCompris #ProfiteDeTout #HistoireCourte

 

YPbd_août18

 

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Le vent

Le vent

 

Allons, aimons-le aussi, le vent

Avec lui, sourions du gros temps

De longs filaments blancs berceront

De merveilleuses collines en vallons

 

Juste avant d’aller nous réfugier

Sous un petit saule pleureur d’été

Craqueront au sommet toutes ses feuilles

Impuissantes, elles vivront un tendre deuil

 

Possédés par d’horribles hurlements

Le tronc s’agrippe à nos tremblements

Aussi vain et stupide que terrible

Mais de très loin, reviens le paisible

 

L’aventurier, d’une mer égarée

Lui aussi, navigue d’un air saoulé

Dans ses cales, une cargaison de rhum

Préfigure notre prochain maelström

 

 

YPbd_août2018 #Poème

Écris sous une tourmente de Beethoven.

Pétard

 

Viens on va s’fumer des pétards

Jusqu’à très tard.

On s’regardera les nuages

En y trouvant des visages

 

Puis la nuit, chaude et pas sage

Nous murmurera un message

Celui d’aller nous faire foutre

Au détour d’une poutre

 

On rigolera de son outrage

En mettant du cœur à l’ouvrage

Nos ébats improvisés

Danseront avec notre nudité

 

Et si l’aventure se plaisait

À continuer en secret

Nous inviterons la lune

À nous filer de la thune

 

 

YPbd_août2018 #Poème

Enterrement.

Vous ne serez pas à mon enterrement

Vous m’aurez tourné le dos bien avant

Si les allées gravillonnées du cimetière

S’égarent au hasard d’une carte routière

 

Pourtant, l’amitié jouait de notre vivant

À diffuser partout nos rires incessants

Reléguant dans une impasse nos peines

Interdites aux maudits effrois de la haine

 

Mais, pour bénir ce jour magique, personne

Gravement, nul autre que moi ne s’en étonne

Allons, quoi ? Rien en vous ne tremble ?

De saisir enfin cette joie qui nous rassemble

 

Peut-être est-ce loin là-bas, de l’autre côté

Avec des compliments que vous m’attendez

Puisque vous êtes déjà partis, les pieds devant

Explorer les premiers vestiges de ce continent.

 

 

Ypbd@août2018 #poème