SÈVE

SÈVE

.

Dessiner sur ton corps un paysage

Avant l’aube splendide que tu dévisages. 

 À l’encre de mes doigts, ferme et volubile 

Aussi indisciplinés que futiles 

.

Trouver un trésor venu loin d’ailleurs

Aussi ferme et tendre qu’une corolle de fleurs

Épanouie à la lumière d’un jour

Quand la fragilité se nomme amour 

.

Lui dédicacer tout mon temps libre

Et rester longtemps en équilibre 

Au-dessus du vide intersidéral 

De nos âmes enlacées vers l’immoral

.

Un conte né durant un long sommeil

Ou l’insomnie guettait un temps d’éveil

Avec l’éclosion d’un pétale de rêves

 Luisant d’étincelles belles comme ta sève

.

.

YPBD_janv20_©

Poème Bohème

Yann Pbd

Poème Bohème

Un poème Bohème

C’est des paroles qui traînent

Sans jamais être les mêmes

Un poème Bohème

C’est des mots qui s’enchaînent

Dans une histoire sans gêne

C’est le souffle d’une trêve

Une tempête insensée

Sorti d’un mauvais rêve

Pour une vie passionnée

C’est celui qui délivre de la haine

Peint sur le masque blême

De ses peurs malsaines

Oublié au fond de soi-même

C’est celui qui laisse hagard

Les longs cris du désespoir

C’est celui qui enlève le noir

Perdu au milieu de nulle part

C’est une sève humide et sensible

Qui coule vite dans les veines

Des phrases futiles et subtiles

Qui s’éparpillent sur une scène

C’est des lettres responsables

Jamais prisent au hasard

Des monticules de sable

Bien en vue d’un regard

Un poème bohème

C’est un temps sans peine

Pour un moment qu’on aime

YPbd_juin14

Voir l’article original

Curseur

CURSEUR

.

.

Le curseur à l’écran m’invite

À prendre des lettres énigmatiques

Au hasard d’un mot poétique

Pour t’illusionner par la suite 

.

Une féerie d’ivresse nocturne

Loin des allées rouges de la honte

Ou pousse des graines semées d’un conte 

Évadé d’un papillon diurne 

.

S’agitent d’authentiques histoires

Aussi magique qu’une nuit blanche 

Quand j’enlace de désir tes hanches

Arrondie par l’aube noire du soir

.

Puis danse des hirondelles au ciel

Toujours plus haut, auprès des cieux

Aussi bleus que tes si beaux yeux

Pour que s’illumine l’essentiel

.

Ton âme qui danse d’une joie si pure

Quand je la frôle d’une caresse 

Pleine de mes élans de tendresse 

Ou j’aperçois une ouverture 

.

.

Y@nnPbd_mars20_©

Couleurs rebelles

Couleurs rebelles

.

.

S’imprimait sur sa peau l’empreinte fanée d’une rose

Au délicat parfum bleuté des choses qu’on ose

Le soir venu sous des draps satinés de noir

Au reflet argenté d’un tendre et bel espoir

.

Scintille alors le palpitant de sa merveille

Que jalouse de toute sa splendeur le doux soleil

Poussant ses rayons au firmament de la terre

Dans une si joyeuse et douce odeur de prière

.

Elle dit, innocemment, mais d’un tourment puissant 

Cueille le vrai bonheur de la vie quand vient le temps

Des secondes tristes aussi cruelles qu’éternelles

Ou pleure de joie les tendresses aux couleurs rebelles 

.

Elles sont les gardiennes de tes fameux souvenirs

Parfumés aux arômes, flambant de tes fous rires

Elles te feront sourire tous les jours repeints de gris

Avec des flagrances teintées de roses endormies

.

.

Yann Pbd_juin2020

Atmosphère

Yann Pbd

Atmosphère

.

.

Dans le cimetière des mots

Noyés de tous mes sanglots

Repose sous terre des non-dits

Ou s’agitent des verbes maudits

.

Aucune langue ne les prononce

Avant le coup de semonce

Tiré d’une cascade en larmes

Au son d’une salve de ton charme

.

Et là j’accuse l’immortel

Jouant d’une providentielle

Mise en scène souterraine

D’imposture inhumaine

.

Forçant mon piteux destin

À ramper comme aucun

Vers l’ennui d’un lendemain

Devenu bien incertain

.

Avec les flammes de l’enfer

Qui me rongent toute l’atmosphère

La grâce éternelle d’une joie

Libérée par mon trépas

.

.

Y@nnPbd_hiver19_©

Voir l’article original

Diable Vauvert

Yann Pbd

 Diable Vauvert

.

Ce jour ou les vestiges d’une magie m’étourdirent

Au matin resplendissant d’un sombre avenir

Seule la nuit se tut, d’un cri suprême et splendide

Calfeutrant son écho sous mon âme translucide

.

Avec des couleurs révoltantes de vérité

Plana le soupir d’arôme volé au café

La symphonie d’une balade aux faux airs sincères

Rajouta de l’héroïsme à l’imaginaire

.

Le velours d’une caresse vint m’effleurer l’esprit

Donnant son arrière-goût aux fantasmes de la vie

Des fantaisies vindicatives de mon bonheur

Jalouses d’un bouquet d’épines flattant mes douleurs

.

Devant l’éternité promise d’un cimetière

Aux sources du temps s’évapore l’éphémère rivière

Abreuvant les perceptions de mon existence

De pensées somnambules comme preuve de ma naissance

.

Ô lumière divine prend date des rêves endormis

Ou justifie le sommeil des morts en sursis

S’évadant si secrètement aux astres levants

Rejoindre Morphée venu prêter d’étranges serments

.

Légendes vivantes…

Voir l’article original 165 mots de plus

Chagrins

Les morts s’éloignèrent du port

Sans le souvenir prochain

Des hommages qui les honorent

En mémoire de nos chagrins

.

Le sillage de l’amertume 

Les plongea au cœur des abysses

Rejoindre la nuit qui s’allume

De toute sa lumière complice

.

Des larmes roulaient de nos yeux 

Illuminées d’un bonheur 

Perdu le jour des adieux

Au parloir clôt des âmes sœurs 

.

S’échappèrent des rires maussades

Sous la tombe vide des pleureuses

Pour qu’une légendaire myriade

Les colore d’étoiles heureuses

.

La poussière fleurit du sol

Gorgées d’un feu explosif

Sous l’effet grisant d’herbes folles

Cueillit d’une lame de canif

.

L’espoir d’un pas après l’autre

Écrivait l’histoire d’un jour

Entendues par les apôtres 

La veille de mon grand discours 

.

Un soir d’oraison funèbre

Un seul mot fut révéler

À l’assemblée des célèbres 

Au plus mal du verbe aimer

.

.

Yann Pbd_2019_©

Vol

J’ai tant rêvé de toi

De ces moments de joie

Ceux où on se parle tout bas

Si près l’un de l’autre

Avec nos peaux nues

S’effleurant de sentiments

Et la tendresse comme promesse

Pour des instants volés

À l’éternité

Yann Pbd_2019_🌷

2033

2033

La sixième extinction confine la vie à l’isolement. 

Durant des siècles, l’incroyable parcours de l’existence amena les différents organismes peuplant la terre à expérimenter les sentiers les plus variés. Du règne minéral à celui du végétal puis celui du monde animal, tous vécurent en harmonie avec la terre nourricière. Ensuite vint l’Homme. Doté d’une extraordinaire volonté, il emprunta, lui aussi, les traces précédemment débroussaillées par ces pionniers afin, comme eux, de se nourrir. Dans son élan, il luttait pareillement pour sa survie. Peu à peu, il creusa les sillons de sa prospérité, exploitant au fil du temps les ressources naturellement mises à disposition. Ses inventions, sa soif immodérée de découvertes, son insatiabilité permanente amenèrent cet animal dit intelligent au pinacle de sa gloire. Au bout d’une chaîne alimentaire. À régner sans partage sur les autres espèces. Son ascension permanente, distillée par une saine ambition préalable et menée au prix de nombreux sacrifices, l’amena au sommet du monde, espérant ainsi s’acclimater au paysage des Dieux. Et sans doute se prendre pour l’un d’eux. Mais du haut de sa montagne aussi brillante qu’une énorme somme d’argent, la seule chose qu’il aperçut se constituait de vide. Une vertigineuse solitude. Très certainement une déception. Mais son orgueil, encore plus impressionnant que son voyage, l’entraina dans une chute soudaine.

Sa violence en riposte à son incompétence fondamentale, une incapacité viscérale à s’aimer en préférant  avancer sous les fouets du moteur de l’égocentrisme carburant aux relents de haine, lui ordonna de gravir plus en amont encore. Tutoyer les Dieux ne lui suffisait plus, diriger son destin le préoccupait davantage. Ignorant la raison du cœur battant à l’intérieur de son corps, sa force démoniaque lui autorisa l’une des pires atrocités. L’exploitation de l’homme par l’homme dans le seul but d’accumuler des richesses dont seuls quelques-uns s’octroieraient le droit de jouir. Malgré tout, le hasard veilla à redistribuer au plus grand nombre les avancées technologiques, les prouesses scientifiques, les découvertes philosophiques. Pour se rassasier convenablement, la folie du productivisme devait absolument vendre au plus grand nombre et consentir à ses dépens au partage de son abondance. Cependant, poussée dans ses ultimes retranchements, cette logique liait à son essence une faillite inexorable. L’économie boulimique vomit tout ce qui l’avait nourri jusqu’à présent. Au paroxysme de l’exploitation des ressources terrestres se détruisait l’avenir. La pérennité du vivant. Niant son caractère prétentieux, se goinfrant d’opulence, l’homme refusait de voir ce précipice qui l’attirait tant pour le ramener sur terre avec la simplicité d’une gamelle dont seuls les enfants connaissent le secret.

Le désastre écologique induit ruina en quelques décennies la planète. La pollution liée à la consommation de masse engendra le chaos. L’air contaminé par les usines tournant à plein régime se raréfia et décima près de la moitié de la population mondiale en moins d’une décennie, victime d’oxygène vicié. L’ensemble des peuples cria au scandale. Les organisations internationales se réunirent pour dénoncer auprès des principaux dirigeants de la planète leurs agissements contre nature. Les peuples souffraient. Les élus bâfraient. Le système perdurait. Les bulletins de vote, séquestrés dans les urnes, continuaient de choisir les pires. Non pas que leurs promesses initiales manquaient de loyauté, mais une fois parvenus au sommet de la hiérarchie législative, les administrateurs de la société en profitaient pour se reposer sur leurs lauriers. Une fois auréolés de leurs prérogatives, ils en oubliaient leurs racines.

Confrontée au dilemme de l’économie de marché coincé par une santé publique en berne, l’ingéniosité des décideurs ne manqua pas de toupet. Et d’irrespect. Pour relancer une consommation déclinante aux moteurs de croissance asthmatique provoquée par une hygiène pulmonaire insuffisante, une idée lumineuse germa dans la cervelle de moineau caractéristique des responsables trop haut perché pour s’impressionner du sort de leurs semblables restés coincés dans les sables mouvants de la pauvreté. La cruauté du cynisme recelait une grande créativité afin de résoudre le problème posé à l’humanité.

Adeptes du grand écart, les gymnastes du sarcasme validèrent une solution mainte fois éprouvée. Fournir aux nécessiteux un kit de survie récurrent. L’obligation de le renouveler régulièrement imposait une vassalité digne du moyen-âge. En extrayant des gisements d’air pur reculé des montagnes, les doses d’oxygène assaini permirent leur vente au plus offrant. L’impôt se réglait comptant. Le cercle vertueux du capitalisme restaurait ainsi son autorité flegmatique : Marche ou crève.