Solitude

Ô solitude ! Tu viens me tenir compagnie

Tes airs de faux ennemi me parlent en ami

Le silence de tes mots résiste à me mentir

Et ton absence laisse toujours de bons souvenirs

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Ô solitude ! Ton nom sème tant d’ingratitudes

Dans le verger désolé de mes certitudes

Là où végètent trop de rancunes et d’amertume

Ta sourde éloquence m’inhume vivant dans la brume

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 Ô solitude ! Avec toi je ne suis plus seul

Ta présence envoûtante m’enveloppe d’un linceul

Destiné aux vagues mortes, soucieuses du prochain sort

Qui les emmènera saines et sauves à bon port

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Ô solitude ! Tu vis aux racines de l’ennui

À la recherche du temps connu de la folie

D’un torrent de larmes versé au lit d’une cascade

Somnole contre toi mon âme au pied d’une barricade

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 Ô solitude ! Tu souffres de trop vieilles habitudes

Sous tes latitudes souffle toujours un vent si rude

Ne laissant aucun répit aux lentes agonies

Des temps suicidaires, justes victimes de mes envies

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Ô solitude  !  De tes monotones tyrannies

Surgit du fond de l’esprit, l’éclair d’un génie

Trait de lumière d’illusions pensives et sincères

Ta magie m’opère le cœur aux portes de l’enfer

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Ô solitude ! Ton nom conjure une trahison

L’aveu d’un pardon repeint les murs d’une prison

De couleurs flamboyantes prouvant mon innocence

Libérant l’impatience de faire ma connaissance

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YPbd_dec18

 

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La bien-pensance

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La bien-pensance

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Te déshabillant d’un premier regard

J’effleurais ta peau de tous mes espoirs

Avant de tomber victime de la fièvre

Transmise par la chaleur moite de tes lèvres

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Des frissons humides d’humeur tropicale

Déversaient une ferveur animale

Ou rugissent de plaisir les cris sauvages

Quand rougissent l’ardeur des gènes du visage

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Sous l’éclaircie flânante d’une pluie torride

S’épuisait le vacarme d’un génocide

Conjuguant nos petites morts successives

En ritournelle aux tendances subversives

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Des embruns salis de vétustes morales

Giclaient l’ombre d’une dictature féodale

Et si ton sourire s’enflamma d’extase

C’était pour mieux incendier ceux qui jasent

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Le charme raffiné de la volupté

Brulait d’indifference la vérité

Que brandisse avec rage et véhémence

Les usurpateurs de la bien pensance

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Y@nn Pbd_Mars19



JBD 2904

Brindilles

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Brindilles emportées par le vent des sentiments

Au loin d’un cœur déshérité de sa fortune

D’où s’évapore l’amer parfum des vieilles rancunes

Céleste arôme de brumes au pouvoir transcendant

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De votre journal disparaissent nos tendres souvenirs

Gravé sur le marbre fendu de ma pierre tombale

Érigée entre les flammes d’une vétuste cathédrale

Un nom sans épitaphe résume mon repentir

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D’innocents pêchers se bousculent au portillon

Expiant d’obscures fautes comptables de notre devenir

Chargées d’indolents regrets venus m’interdire

D’enlacer vos douces chairs d’une native dévotion

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Le cliché d’un long filament incandescent

S’emmêle de compassion à l’aube d’un nouveau jour

En prélude d’un vieil amour vierge de tout retour

Votre confiance sous-estime ce pardon impatient

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YPbd_oct18…à mes filles

 

Avenir

Avenir

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Déambulant sur le sentier de l’avenir

D’intimes foulées rythment en cadence celle d’un désir

Défile un paysage arrosé de tempête

Rinçant d’obscurs fantasmes au pied d’amères défaites

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Maudite trajectoire variant des plaisirs promus

Délires de vieilles doléances naguère invaincues

S’étale en pagaille une armée de  souvenirs

 Aux fières allures d’hier enclines à m’éblouir

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La nuit révèle aux âmes égarées d’autres couleurs

Invisibles saveurs à l’oeil embué de leurres

Palpitent les paupières transpercées d’une lumière nacre

La confession solennelle d’un cœur aux mille sacres

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 Puis l’aube du jour se lève rendre grâce aux merveilles

Des rêves impatients d’émerger d’un long sommeil

 Une ombre intrépide avide de sensations danse

L’immanente passion solidaire d’une transe

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YPbd_oct18

 

Cupidon

 

Les courbes de son corps sculptaient un abime divin

Ou sillonnait l’encre nerveuse d’une histoire sans fin 

Des promesses récitées au secret d’une caresse

Aussi savante que l’arrondi fou de ses fesses

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Glissant de la tête au pied, j’effleurais sa peau

Des foudres électrisantes frissonnaient en drapeau

Sur les rives ensablées d’une plage abandonnée

Au regard des curieux et de gens peu pressés

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Enfin, je le rencontrais mon sublime destin

Avec toute la tendresse étendue de sa main

Se touchait l’essence inflammable de nos âmes nues

Aussi tumultueuses que des rivières en crue

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Sous les flots vagabonds d’une lame plus furibonde

Se déversaient de joie l’amnésie du vieux monde

Dans un endroit au parfum vierge de tout repos

Plus mystérieux que l’allée dorée des tombeaux

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Là où brille le flambeau céleste du feu sacré

S’éternisait un rire funeste d’ange égaré

Déchu de l’honneur tyrannique de ses pulsions

Une fois admis le vertige de son illusion

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Alors s’évanouit la nuit dans nos esprits

Avec Cupidon en maitre de cérémonie

Et nous jouions, jouions la grande parade nocturne

Jusqu’à illuminer tous ces dieux taciturnes

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 Ensuite arriva le silence des jours tranquilles

Entendues au matin d’un rêve encore fébrile

Si bien engourdi dans une mémoire pernicieuse

Dont l’érotisme confessait des fièvres nébuleuses

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 y@nPbd_mars19