Béatrice

BÉATRICE

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Pas loin du septième ciel, au quatrième en fait

Pour vous, se dessine un si magnifique sourire

Que toute résistance en deviendrait obsolète

Tant son charme si divin décline à le séduire

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Si en chemin vous le rencontrer par hasard

Répondez-lui vite de la même grâce rayonnante

Et la majestueuse beauté d’un nénuphar

Resplendira ce jour, d’une manière éclatante

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Sa ferveur, sa fraicheur ressemble à un délice

Digne des plus grandes impératrices en exercice

Fuyez toute vanité en espérant bien plus

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Qu’une fièvre de sympathie. Sinon gare au lupus

Préférez le temps passé en sa compagnie

Offert comme une générosité de la vie

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Yann Pbd_oct19_© #sonnet

Pour Béatrice, infirmière responsable de l’hôpital de jour où je me rends régulièrement. 4e étage. RH/AIX.

Pudeur

PUDEUR

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Alors que je me prélassais dans un fantasme

D’une dévotion maladive pour un seul homme

Me traverse une efficace pudeur mormone

Aux saveurs sucrées inédites pour un orgasme

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Il faut vous dire que l’intensité du désir

Venu des profondeurs égarées de mon âme

Aux excitantes couleurs de mes joies monogames

Rendaient à l’atmosphère l’envie seule d’en frémir

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D’en découvrir ses infinis et fins contours

Avec son doux parfum comme exhausteur de goût

Des poussières d’anges bleutées en travers de son cou

Aux arômes nacrés d’estivales chaleurs du jour

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Tout un programme pour un partisan du bien-être

Où chaque instant se doit de voler au présent

Une poignée de secondes qu’envole des sentiments

Vers la magique et unique sensation de naître

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Y@nnPbd_nov19_©

Basta

Basta

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Trouver le symbole d’une expression né d’un mot

Avant de le retrouver seul dans un dico

En l’épuisant dans tous sens de synonymies

Sans en faire une victime du langage ni d’une rime

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S’amuser avec les verbes et des noms idiots

Aussi ténébreux et profondément que l’eau

En s’éclaboussant d’adjectifs tous primitifs

Pour souligner d’un unique trait bien corrosif

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Toutes les expressions ramenant à un système

Des élucubrations du langage peint de crème

Masquant les artifices par-dessus des indices

Menant à la raison d’une invention complice

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Et ce nouveau terme deviendra aussi puissant

Qu’une lance étincelante jetée à travers un champ

Jaillissant dans une folle et sourde conversation

Et clore définitivement la discussion

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Il me suffira pour mettre tout le monde d’accord

D’un vocable d’une simplicité et d’air fort

Laissant une trace dans l’esprit des gens que vaincra

L’usage définitif de la fin, et basta

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Yann Pbd_mars 2022_©

L’anarchie

L’anarchie

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Aux frontières des lois, une nouvelle Terre

Cent Dieux et Maitres pour s’en affranchir

Dressent haut la menace d’une hache de guerre

Sur un chaud désert à conquérir

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L’inventaire de paisibles grains de sable

Sans Dieu ni Maitre pour nous soutenir

Promulguent des droits si peu respectables

Qu’ils incitent l’espèce à les trahir

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Au climat apaisant d’une nature

Les Dieux sans les maitres persistent à rire

Se parant fièrement d’une culture

Aux atroces distractions d’asservir

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Au pays de l’anarchie, je vis

Sans Dieu ni Maitre à désobéir

D’un secret mûrement réfléchi

Mon désordre reclasse leurs souvenirs

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Yann Pbd_oct2018_©

Sève

SÈVE

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Dessiner sur ton corps un paysage

Avant l’aube splendide que tu dévisages.

À l’encre de mes doigts, ferme et volubile

Aussi indisciplinés que futiles

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Trouver un trésor venu loin d’ailleurs

Aussi ferme et tendre qu’une corolle de fleurs

Épanouie à la lumière d’un jour

Quand la fragilité se nomme amour

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Lui dédicacer tout mon temps libre

Et rester longtemps en équilibre

Au-dessus du vide intersidéral

De nos âmes enlacées vers l’immoral

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Un conte né durant un long sommeil

Où l’insomnie guettait un temps d’éveil

Avec l’éclosion d’un pétale de rêves

Luisant d’étincelles belles comme ta sève

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Yann Pbd_janv2020_©

Idéal

Idéal

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Lors d’une longue nuit blanche sans lune

Tout s’éclaira d’un silence

Avec dans les yeux l’errance

D’une audace sans rancune

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Elle rêvait de jours meilleurs

Sans aucune ombre au tableau

Sous la craie blanche de ces mots

Pour anéantir sa peur

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Des souvenirs faits d’ailleurs

Avec au coeur des épines

Acérées qui assassinent

Toute trace en trop de vigueur

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Criant des joies superflues

Aux âmes libres de tout tourment

Des marasmes trop évidents

À ceux qui deviennent élus

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Une fois franchi l’isthme reclus

De la solitude confuse

Où dorment des rêves qui accusent

De pure folie malvenue

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C’est pourtant l’essence vitale

Des gens vrais pleins de bon sens

Alors vie cette existence

Fantaisiste comme idéal

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Y@nn Pbd_novembre 2020_©

Sentiments

SENTIMENTS

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Le feu crépitant des sentiments

Éteins le passé brûlant du futur

L’inconnue d’une nuit froide et dure

Et pourtant longtemps persistera le présent

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Moment aussi éphémère qu’improbable

Qu’insère l’évident doute d’une réalité

Refusant le désespoir d’être encore berné

Ici s’ancre le bonheur d’un plaisir coupable

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Celui de s’effondrer avant d’en savourer

L’exquise sensation du moindre de ses effets

En dansant tout nu devant un tel buffet

Attablé aux défaillances d’une piètre santé

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À celle qui fait redresser les morts

En hurlant vainement du matin au soir

De jouir avant qu’il ne soit trop tard

Car demain, n’existe pas encore.

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Yann Pbd- juillet 2018-©

Poème bohème

Poème bohème

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Un poème Bohème

C’est des paroles qui traînent

Sans jamais être les mêmes

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Un poème Bohème

C’est des mots qui s’enchaînent

Dans une histoire sans gêne

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C’est le souffle d’une trêve

Une tempête insensée

Sorti d’un mauvais rêve

Pour une vie passionnée

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C’est celui qui délivre de la haine

Peint sur le masque blême

De ses peurs malsaines

Oublié au fond de soi-même

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C’est celui qui laisse hagard

Les longs cris du désespoir

C’est celui qui enlève le noir

Perdu au milieu de nulle part

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C’est une sève humide et sensible

Qui coule vite dans les veines

Des phrases futiles et subtiles

Qui s’éparpillent sur une scène

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C’est des lettres responsables

Jamais prisent au hasard

Des monticules de sable

Bien en vue d’un regard

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Un poème bohème

C’est un temps sans peine

Pour un moment qu’on aime

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Yann Pbd_juin14_©

Animal féroce

D’un ton sec, elle hurla :

— Apprivoise mon bonheur.

Puis elle se déshabilla.

Je devins son dompteur.

Avec des caresses de tendresse

Pleine de douceur.

#HistoireCourte

Y@nn Pbd – ©

Les feuilles mortes

Les feuilles mortes . . Toi de l’hiver qui pousse vers l’été Ton printemps ne connaîtra jamais l’automne Et pourtant des pousses d’insouciances …

Les feuilles mortes

Les feuilles mortes

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Toi de l’hiver qui pousse vers l’été

Ton printemps ne connaîtra jamais l’automne

Et pourtant des pousses d’insouciances

Germent enfin dans ta conscience

Rouges et flamboyantes, elles brûlent

La jeunesse, devenue somnambule

Conciliabule d’une particule

Au fond d’une impasse

Impair, noir et passe

Trépasse, repasse

Vivaldi, encore une fois

Une dernière fois, à l’endroit

Et la nuit viendra

couvrir tout ce barda.

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Yann Pbd_sept 2017_©